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HISTOIRE DE LA FERME SCHAUFELBERG SUR L'ALLMANN |
Traduction Gilles Schaufelberger
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ARTHUR
BAUHOFER
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Préface de l'éditeur
(Ce document-ci n'est pas accompagné des notes prévues dans le texte en raison des contraintes imposées par le html; en revanche, la version pdf les comporte : cette dernière version est donc conseillée)
Nous tenons à remercier les Archives du Canton de Zürich pour l'autorisation qu'elle nous accorde de publier cette traduction faite par un des descendants français de la famille Schaufelberger dont Arthur Bauhofer prit la peine d'étudier l'implantation depuis le Moyen Age sur l'Allman en Suisse.
L'historien y trouvera de quoi expliquer sur un cas précis et présentant les avantages de la longue durée la complexité des emprises sur une exploitation agricole : le droit de propriété y est, dirions nous en terme moderne, assez dilué quoique exigeant et respecté. Le monastère auquel appartient cette terre en tire une sorte de loyer annuel (indépendant de la valeur réelle et variée des récoltes), reste indifférent quant aux constructions et à l'achat de parcelles supplémentaires (qui, de fait, lui échappent, tout en étant liées à l'unité de production). Bien sûr, c'est un état des choses qui perdure en se modifiant comme le signalent les actes notariés décrivant le passage de l'héritage. Le paysan dépend donc d'une juridiction ecclésiastique plus que seigneuriale. Il en tire aussi une liberté plus grande. Il est un "franc-alleu". On a cependant du mal à savoir si sa vie fut difficile selon les époques, ou s'il fut enviable par rapport aux autres.
D'autres aspects attirent l'attention : sur les mesures employées pour définir une aire, sur les prénoms donnés dans une lignée (on y voit même deux frères portés le même nom !), sur la formation du nom "schaufelberg-er" (le lieu-dit sert de patronyme peu à peu, remplaçant le système allemanique du sobriquet), sur l'importance accordé par les membres de cette famille à préserver ses droits et à s'affranchir de ceux qui l'entravent.
Document d'historiographie précieux : alors que souvent les documents sont altérés ou détruits, où des manques se forment, on a ici un témoignage sur une longue période. Cela peut servir à délimiter si la transformation sociale générale est plus forte que la permanence locale (accélération) , ou si les mini-transformations locales se réunissent pour une transformation commune (synchronie), ou si sur l'Allman rien ou très peu a altéré un système séculaire (décalage).Seul un historien saurait nous le dire.
ARTHUR BAUHOFER
HISTOIRE DE LA FERME SCHAUFELBERG SUR L'ALLMANN

Zürcher Taschenbuch 1979
Zürcher Taschenbuch 1980
Édité par la société zurichoise des Amis de l'Histoire
Le Zürcher Taschenbuch est reconnaissant à la ville et au canton de Zurich, à la Caisse d'Épargne de la ville de Zurich, à la société des Antiquaires et à la Société des Amis des Archives de la Ville pour leur soutien.
Droits de reproduction et de traduction réservés.
Rédaction : Dr. Otto Sigg, Archives cantonales, Predigerplatz 33, 8001 Zurich Impression : Buchdruckerei an der Sihl AG, Zurich
Traduction : Gilles Schaufelberger
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Ce travail fait partie de la succession du Dr. Arthur Bauhofer (1893-1976). Il repose sur une première version déjà déposée en 1947 qui traitait du statut juridique en général des fermages héréditaires. Poussé par son éditeur d'alors, l'auteur avait étendu ce travail, pour en faire l'Histoire d'une propriété, continuée jusqu'à l'époque actuelle, ce qui n'était pas du tout dans ses intentions de départ. Par suite des coûts de fabrication trop élevés, il n'a cependant pas été possible d'éditer les manuscrits dont le volume, entre temps, était devenu par trop important. Le "Zürcher Taschenbuch" a considéré que "L'Histoire de la ferme Schaufelberg sur l'Allmann " représentait une contribution importante aux recherches sur les fermes, et a donc décidé de la publier. La Rédaction.
Abréviations et mesures
1. Abréviations
St. A.Z : Archives cantonales de Zurich.
Arch. Zurich : Registres d'archives de Zurich, ville et canton, 12 vol. Zurich
1888-1939.
Not. : actes notariés; Reg. : registre.
2. Monnaies Livre (lb) : 1 livre = 20 schillings; 1 schilling (b) (frappé depuis le 16ème siècle) = 12 pfennig; pfennig (d), seule monnaie frappée au moyen-âge. Florin (fl) : depuis 1487 vaut 2 livres.
3. Mesures
a) Surface :
Journal : mesure agraire, la surface qu'un homme peut labourer en une
journée = 32 ares.
Juchart : mesure agraire, valant 36 ares;
Vierling = 1/4 de juchart = 9 ares.
Nous donnerons les surfaces en juchart et fraction de juchart : p. ex. : 5
jucharts 2 Vierling Æ 51/2 jucharts. Tête de bétail : la surface d'un
pâturage est souvent donnée dans les documents de Schaufelberg d'après le
nombre de vaches qui peuvent y être estivées. On compte, d'après une équivalence
donnée dans un document du 22 Février 1879 (B XI Wetzikon 58, pp. 52 sq),
2 jucharts pour une vache.
Semence : la grandeur des chènevières est donnée dans les documents
de Schaufelberg par le volume de semences nécessaires: 1 quart de semences
correspondrait à 9 ares. p. ex. : une chènevière d'11/2 quart de semences
(Voir Schweiz. Idiotikon, vol. VII, col. 1417).
b) Capacité :
Malter : mesure de capacité de grains; 1 malter zurichois = 333 l.
= 4 Mütt; 1 Mütt = 82,8 l. = 4 quarts; 1 quart = 20,7 l. = 4 Vierling; 1 Vierling
= 4 Mässli. À Schaufelberg, on se servait des mesures de Rapperswil,
un peu plus grosses, où le Mütt comptait 642/3 Mässli au lieu de 64 (RR I
41.6a, p. 20).
Le Kopf (= 2 Mässli), plus connu apparaît plus rarement dans les documents
de Schaufelberg. Nous donnerons les quantités de grain en malter et en quart
et fractions de quart.
c) Poids :
Quart : 1 quart = 36 livres = 4 Vierling; 1 Vierling = 9 livres; 1 quart =
12 mesures 1 mesure = 3 livres. Nous donnerons les poids en livres.
d) Monnaies : 1 Florin (Gulden) = 2 livres, 1 Livre (Pfund) = 20 Schilling; 1 Schilling = 12 Pfennig; 1 liard (Heller) = 10 Schilling Franc = 100 centimes (Rappen) . 1 Sou (Batzen) = 5 Rappen
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TABLE DES MATIÈRES
I. Introduction
II. Origine, emprise et nom de la ferme Schaufelberg
III. Le morcellement de la ferme Schaufelberg
IV. Les statuts juridiques de la ferme Schaufelberg
1. Les juridictions
2. Les droits du monastère du Rüti
3. L'administration de Schaufelberg par affermage héréditaire ou temporaire.
4. Le loyer
5. La dîme
V. Histoire du domaine Schaufelberg aux temps modernes.
1. Les propriétés des Schaufelberger
2. Les propriétés des Halbheer
3. Les propriétés de l'Hôpital de Winterthur
4. Propriétés des Brunner
5. Les maisons sur Schaufelberg
a) Maison num. ass. 11, Alfred Müller
b) Maison num. ass. 12, Dr. Hans Gubler
c) Maison num. ass. 13, Heinrich Bachmann
d) Maison num. ass. 15, Johannes Schaufelberger
e) Maison num. ass. 18, Dr. Hans Gubler
I. Introduction
Le hameau Schaufelberg se trouve à 930 m. d'altitude sur les pentes ouest de l'Allmann, dans l'Oberland Zürichois. Ses cinq maisons , dont deux forment une habitation double séparée au niveau du faîte du toit, hébergeaient au 1er Décembre 1941 trois foyers comprenant 16 habitants.Au nord, à l'ouest, au sud, il est bordé par les sommets de la chaîne de l'Allmann, culminant à 1100 m. - Allmann, Kleinhörnli, Auen et Oberberg - avec le Bachtel qui les domine. Vers l'est, le terrain descend, en pente douce d'abord, puis plus raide, vers le fond de la vallée entre Wald et Fischenthal.
Politiquement, Schaufelberg appartient à la commune de Hinwil située à l'ouest de l'Allmann et du Bachtel. En contraste avec ce que l'on trouve habituellement pour la plupart des cols alpins, le territoire de la commune d'Hinwil s'étend, au delà du col nommé l'Egg entre l'Allmann et le Bachtel, jusqu'au côté ouest de la chaîne de l'Allmann . Par une bande de terre de quelques centaines de mètres de largeur, s'étendant de Kollertobel au nord jusqu'à Weissenbach au sud, dans laquelle se trouvent, en dehors de Schaufelberg lui-même les fermes de Niederhaus et Bettschwendi, il va à l'ouest, aux environs de Ried-Wald, presque jusqu'au fond de la vallée.
Au sud de cette bande de terre en forme de hampe, Wissenbach et Auenberg délimitent un morceau du territoire de la commune de Wald, avec la ferme d'Amseln qui faisait autrefois partie de la ferme Schaufelberg.
Au nord du ruisseau Wissenbach, se trouvent les fermes d'Auen, de Moos, d'Obermoos et de Lee, dont le territoire appartenait également jusqu'en 1824 à la commune de Wald, et fut seulement alors attribué à Fischenthal . L'ancienne ferme de Lee, déjà nommée au 16ème siècle, était bien plus étendue qu'aujourd'hui. En particulier, elle englobait aussi les terres de la ferme actuel d'Auen, allait jusqu'au Kollertobelbach, et jouxtait les terres de Schaufelberg. Nous trouvons pour la première fois la ferme d'Auen, fondée autrefois parce que l'hôpital Winterthur possédait Lee, dans le recensement de 1771. Moos - appartenant peut-être à l'origine à Lee - appelé aujourd'hui Untermoos pour le distinguer d'Obermoos, est encore absent du recensement de 1634, mais apparaît par contre sur la carte cantonale de Gyger en 1667.

Obermoos est un hameau récent, fondé seulement en 1865 . Un hameau également récent, construit entre Auen et Schaufelberg sur le Kollertobelbach, sur des terres appartenant à Fischerthal, est Neuhaus, qui apparaît pour la première fois dans le recensement de 1771 et disparaît ensuite. Après que son propriétaire d'alors et unique habitant, Albert Halbheer, eût été assassiné en 1901, la maison tomba en ruine et fut démolie en 1927 .
Ce travail doit principalement le jour à mon expérience du paysage. Lors de la montée du Allmann vers l'Egg, la vue qui s'offre au promeneur sur Schaufelberg blotti dans sa verte cuvette m'a toujours ravi. J'ai toujours eu le sentiment d'apercevoir un petit monde tranquille, fermé sur lui-même, sur lequel les siècles étaient passés presque sans laisser de traces. Au charme de ce coin de terre s'est ajouté l'intérêt historique qu'offre la très curieuse et très ancienne lettre de fermage de Schaufelberg, datée de 1309 et conservée dans les archives de Zürich. La fonction administrative qui m'avait mise en contact avec les deux plus importants propriétaires terriens de Schaufelberg me permit de poursuivre mes recherches. Il s'est trouvé que les archives cantonales de Zürich contenaient un nombre étonnamment grand de documents et d'écrits provenant du monastère, et plus tard de l'agence du Rüti, qui éclairent l'histoire de Schaufelberger.
L'abbaye des Prémontrés du Rüti, fondée en 1208 par le baron Lütold IV de Regensberg jouit rapidement d'une autorité et d'une prospérité croissante .De nombreuses donations, dans les environs immédiats et plus lointains, lui furent faites et parmi elles, entre 1239 et 1244, la ferme Schaufelberg qui était alors en partie propriété du Comte Hartmann von Kyburg et en partie un fermage consenti par St Gall. Bien que les archives du monastère du Rüti aient subi de graves pertes au moment de la Réforme, ce qui en reste suffit pour donner une image satisfaisante du développement de Schaufelberger même au temps de la Réforme. Le monastère du Rüti fut fermé par la Réforme et remplacé par l'agence séculaire du Rüti. Un intendant zurichois était alors chargé de gérer les anciennes propriétés du monastère et de présenter des comptes annuels à l'administration des finances de la ville. Ces comptes annuels, de 1534 jusqu'à la fin de l'ancienne confédération, sont conservés en rangées sans lacunes, reliées en parchemin. Les documents originaux, encore nombreux malgré toutes les pertes, ont été retranscrits au 18ème siècle et forment une rangée imposante de volumes. L'ensemble des possessions de l'agence en terres et en droits a été maintes fois inventorié dans des cadastres soigneux.. Parmi ces relevés de biens, il faut citer en premier le merveilleux ouvrage cadastral comportant des plans peints sur parchemin que l'intendant Johann Rudolf Waser a commencé au début de l'année 1680 pour le terminer en 1701. Comme il ne traite que des fermages temporaires, à vie ou limités à un certain nombre d'années , Schaufelberg ne s'y trouve pas, car c'était déjà depuis 1538 un fermage héréditaire.
À ces actes et documents du monastère et de l'agence du Rüti s'ajoutent depuis 1640 les registres de l'office cadastral de Grüningen et, plus tard, les actes notariés et les cadastres de Grüningen, Wald et Wetzikon. Lorsque j'ai abordé ce travail, je n'avais certes pas l'intention d'épuiser ces sources, ni d'écrire une histoire des terres de Schaufelberg. Mais peu à peu, et presque contre ma volonté, c'est ce qu'il est devenu. Même si les détails ne peuvent toucher de près que les actuels propriétaires, le cours général des mouvements de terres peut présenter un intérêt général.. Il nous montre la famille Schaufelberger, qui tire son nom de cet endroit, propriétaire pendant de nombreux siècles à Schaufelberg - et encore aujourd'hui pour un de ses rameaux. D'autres parties, séparées de la ferme d'origine, sont restées, au moins pendant de nombreuses années, en possession d'une famille, ou se sont transmises par parenté et alliance entre quelques familles - en dehors des Schaufelberger, les Halbheer et les Brunner. Pendant presque un siècle et demi, une partie de Schaufelberg s'est trouvée bien de mainmorte de l'hôpital de Winterthur. Seulement au 19ème siècle, de nouvelles familles affluèrent toujours plus nombreuses et des changements plus rapides, partiellement spéculatifs, se produisirent dans la propriété des terres. On voit ainsi que même dans ce "petit monde tranquille, fermé sur lui-même" le commerce et le trafic ont aussi poursuivi leur marche pétulante à travers les siècles.
II. Origine, emprise et nom de la ferme Schaufelberg
"Sur la montagne, que l'on nomme communément Schuvilberg", le comte Hartmann IV l'aîné, de Kyburg, possédait dans la première moitié du 13ème siècle deux terres contiguës. Il possédait l'une en propre, l'autre était un fief du monastère de St Gall. Entre 1239 et 1244, le comte rendit le fief à l'abbé et le pria de le transmettre au monastère du Rüti. L'abbé accéda à sa demande et, avec l'accord de son chapitre, transféra ce bien "aux pauvres de la maison de Sainte Marie à Rüti", en propriété définitive, contre la seule obligation de livrer toute l'année les hosties consacrées pour le maître autel de Saint Gall. Auparavant déjà, le comte Hartmann avait également offert son bien au monastère du Rüti, comme il l'avait déclaré au pied d'un document rédigé par l'abbé et authentifié par l'apposition de son sceau .
Le 28 Novembre 1309, l'abbé Johannes et le monastère affermèrent le noyau de la terre de Schaufelberg résultant de ces deux donations aux frères Wernher et Heinrich Hess, vraisemblablement de Hinswil, et leur dix enfants . Un certain nombre de parcelles, spécifiquement nommées, furent retirées de ce fermage. Et par là, elles se signalent comme faisant partie à l'origine de Schaufelberg, et permettent d'une certaine manière de pallier à la description manquante des propriétés mitoyennes. Ce sont:
1) le moulin, dont il ne sera plus question par la suite, et dont l'emplacement ne peut donc être déterminé.
2) les pâturages du Ramsau, plus tard Ramsel, aujourd'hui Amslen, au sud de Schaufelberg.
3) le Werenbrech Moos, en 1518 Werner Moos, qui d'après un relevé des dîmes de 1594 était une parcelle des pâturages situés à Blegi et à Amslen
4) Les pâturages du Blegi, au sud est de Schaufelberg, entre Heiterholz et Tanereggholz.
5) Betzili Swendi, plus tard Betzischwendi, aujourd'hui Bettschwendi, à l'est de Schaufelberg et au nord est de Blegi.
6) les pâturages de Feldmoos, qui, d'après des documents postérieurs où le nom s'est transformé en Fallmis ou Felmis, se situent entre l'Egg et Amsle
De la forêt d'Altenwald, qui porte aujourd'hui encore le même nom, les lettres de fermage précisent que les fermiers ne peuvent la défricher sans l'accord du monastère.Ainsi cette forêt qui couvre les pentes de l'Oberberg et de l'Auenberg, faisait-elle partie de cette terre.
Ces données du document de fermage de 1309, qui laissent entrevoir dans ses grandes lignes l'emprise de Schaufelberg vers l'est et le sud, sont complétées par des descriptions ultérieures des limites de la ferme. Ainsi, dans le contrat de Konrad et Hans, de Schaufelberg, qui recevaient en fermage le 10 Août 1518 de l'abbé Felix et du monastère de la maison de Dieu du Rüti la ferme Schaufelberg , les propriétés limitrophes sont données comme suit:
1) Vers le haut, l'Egg de Hans et Heinrich Gyrenbader - c'est à dire, exactement, la cote 1007, qui forme le contrefort le plus au sud de l'Allmann, alors qu'aujourd'hui ce nom s'applique plus au col situé en dessous de ce point et à ses environs immédiats.
2) celles de Bühl, l'Oberberg, nommé aujourd'hui Auenberg sur la carte, mais Oberberg dans les registres cadastraux, comme auparavant.
3) Ramsel des Brendli, aujourd'hui Amslen.
4) celles de Bühl, Schlatt et Holz - D'après le relevé des dîmes de 1594, Schlattholz se trouve entre Altenwald et Blegi.
5) le Reizenberg, encore appelé Greizenberg en 1718, aujourd'hui complètement inconnu. D'après un document de succession de l'agence du Rüti de 1718, le Greizenberg est donné comme la limite nord des "terres de Moos au Lieutenant Halbheer". J'en déduis qu'il faut chercher le Greizenberg aux environs de Bettschwendi.
6) Gibswil des Egli semble former la limite nord de Schaufelberg, car les propriétés limitrophes qui suivent définissent la frontière ouest, et à la fin du siècle apparaît un Uli Egli comme détenteur de la ferme Lee située au nord de Schaufelberger.
7) La Schwesternwald est le versant ouest de l'Allmann, tombant vers Wappenwil, au pied duquel se trouve - au dessus de Hohlenstein et au voisinage du Täuferhöhle - le petit couvent des "Sœurs de la forêt près de Wapliswil" .
8) Clewi Schufelsberg Allmen est soit l'Allmann lui-même (cote 1076), soit la crête qui descend de celui-ci vers l'Egg, avec lequel l'énumération des propriétés limitrophes a commencé.
Tandis que ces documents nous fournissent des informations suffisantes sur les limites ouest, sud et est de Schaufelberg, ils nous laissent dans l'incertitude sur le tracé exact de la limite nord avec la donnée non définie: "Egli de Gibswil" . Il nous faut donc essayer de le définir autrement . Pour cela, voyons jusqu'où vers le nord s'étendent les terres redevables d'un loyer au monastère de Rüti. Le fait d'être soumise à loyer désigne une parcelle comme appartenant à la propriété Schaufelberg du Rüti, le fait d'en être exempt prouve que la parcelle correspondante ne faisait pas partie de la ferme Schaufelberg. On trouve ainsi que seules les parcelles situées au sud du Kollertobel étaient assujetties à un loyer au profit du Rüti, tandis que le territoire des fermes actuelles de Lee, Auen, Obermoos et Untermoos en était exempt. Je déduis cela surtout du fait que les cent jucharts de prairies, de champs, de marais et de pâturages situés entre Moos et Lee, nommés Auen et Risiweiden, hypothéqués par les cinq frères Halbheer aux œuvres de l'église de Fischenthal, selon une reconnaissance de dette du 10 Mai 1689 , étaient désignés comme "vacants et libres de redevances". Ainsi, ils n'étaient pas soumis à un loyer au Rüti, et n'appartenaient donc plus aux terres de Schaufelberg.. D'autre part il est établi que le versant orienté au sud, nommé Giessrain, et une partie de la forêt de Leewald qui le borde au nord étaient des parcelles de la ferme Schaufelberg soumises à des redevances héréditaires. Je crois donc que la limite nord de Schaufelberg, correspondant à peu près à la limite actuelle, était marquée par le ruisseau Kollertobelbach jusqu'aux environs d'Auen et du hameau en ruine de Neuhaus et qu'elle s'infléchissait ensuite vers le nord à travers la forêt de Leewald vers la crête de l'Allmann.
En résumé, d'après ce que nous avons établi précédemment, nous pouvons établir le tracé des limites des terres de Schaufelberg de la manière suivante: de l'Egg (cote 1007), la frontière monte vers Oberberg (ou Auenberg), suit l'orée sud de la forêt Altenwald et l'orée est du bois Heiterholz jusqu'à Blegi, de là suit le ruisseau Tanereggtobelbach jusqu'à son confluent avec le Kollertobelbach, puis remonte le cours du Kollertobelbach jusqu'à un point situé entre Auen et l'ancien hameau de Neuhaus, s'incline ensuite vers le nord et contourne Giessrain, puis à travers la forêt de Leewald monte jusqu'au sommet de l'Allmann (point 1083). De là elle suit la ligne de crête vers le sud, passe par le Kleinhörnli et revient à l'Egg.
L'axe nord-sud du territoire ainsi défini mesure presque un kilomètre et demi. Sa largeur est-ouest est en général d'un kilomètre environ, mais au niveau de la bande de terre escarpée en forme de hampe appartenant au territoire de la commune d'Hinwil, entre le ruisseau Weissenbach et le ruisseau Kollertobelbach, avec les hameaux Schaufelberg, Niederhaus et Bettschwendi, elle atteint également un bon kilomètre et demi. Ainsi la donation du comte Hartmann von Kyburg a procuré au monastère du Rüti un bien particulièrement magnifique - au moins selon nos critères actuels. Cet essai que nous venons de faire pour déterminer l'emprise d'origine des terres de Schaufelberg nous conduit tout naturellement à nous interroger sur la signification de ce nom. Pour autant que j'en sache, les noms ruraux formés avec "Schaufel", la pelle, sont en rapport avec une configuration du terrain "en forme de pelle" . Le lecteur qui aura suivi sur la carte au 1/25000 jointe le tracé de la frontière que j'ai donné constatera sans surprise qu'en fait cette frontière dessine approximativement l'image d'une pelle. Giessrain au nord, la ligne de crête de l'Allmann à l'ouest, l'Altenwald au sud, le Heiterholz à l'est et, dans son prolongement, une ligne partant de l'ouest de Niederhaus et de Auen vers Giessain, dessinent le contour d'une large plaque de pelle. Et si l'on laisse Blegi, qui appartenait cependant à l'origine à Schaufelberg, on trouve également le manche de la pelle formé par la bande de terre descendant vers Ried, entre Weissenbach et Kollertobenbach. Les hommes du moyen âge qui forgèrent les noms de cette contrée, ont peut-être aussi vu la forme d'une pelle dans la direction opposée . Si nous observons en effet le terrain de Schaufelberg de l'ouest vers l'est, se présente l'image d'une pelle pointue, dont la pointe est formée par le triangle de terre délimité par le ruisseau de Kollertobelbach et celui de Tannereggtobel. Que ce soit l'une ou l'autre de ces façons de voir qui ait été déterminante dans l'attribution du nom, en tout cas la concordance des particularités du terrain avec celui-ci est frappante. Elle est évidente pour qui regarde la carte. Sur le terrain, il faut plus qu'un regard rapide pour en reconnaître la forme de pelle. Mais nous devons admettre que les gens qui avaient nommé Schaufelberg ce territoire, il y a mille ans peut-être, avaient pour ces choses un regard plus aigu que le notre.
III. Le morcellement de la ferme Schaufelberg
Pendant plus d'un demi siècle après la donation du comte Hartmann von Kyburg, nous manquons de renseignements sur la manière dont le monastère du Rüti a administré le domaine qui lui était échu. Son éloignement de Rüti, sa position en hauteur et son étendue, puis aussi des circonstances ultérieures, rendent éminemment probable que Schaufelberg n'ait jamais été administré directement par le monastère, mais, dès le début, ait été affermé contre loyer à des paysans, de façon indépendante. La surface importante de ses terres conduisit à son morcellement en plusieurs fermes, d'abord provisoire, puis définitif. Déjà le premier affermage pour lequel nous possédons un document écrit, celui qui concernait en 1309 Werner et Henri Hess et leurs dix fils ne portait déjà plus, comme nous l'avons vu sur la totalité des terres. Différentes parcelles, principalement situées en bordure du domaine - le moulin, les pâturages de Ramsau, le Wehrenbrechmoos, les pâturage de Blegi et le Feldmoos - en avaient été retirées, parce qu'elles avaient déjà été affermées par ailleurs. Le noyau du domaine, affermé aux frères Hess et à leurs fils était bien sûr encore d'une importance considérable. Mais en ce qui le concernait, le contrat de fermage prévoyait déjà la possibilité d'un morcellement ultérieur, en permettant aux fermiers de partager la ferme de telle sorte que les fils de Werner d'une part et ceux de Heinrich d'autre part en aient chacun la moitié . Nous ne savons pas s'ils ont fait usage de cette clause, nous ne savons pas non plus si, par suite de la mort de tous les fils, il a été mis fin à l'affermage selon le contrat, ou si celui-ci a pris fin avant son terme pour d'autres raisons. Vers la fin du 14ème siècle cependant, la ferme n'est plus entre leurs mains, et en même temps, elle apparaît morcelée en deux grosses parties. Le 7 Décembre 1394 en effet le monastère du Rüti donne en fermage la troisième partie de la ferme, jusque là occupé par un H. Bertschi, à Johannes Scherrer de Bühl . Les deux autres tiers appartiennent, on ne sait pas depuis quand, à un Ulrich Sulzbacher18a, dont l'origine est vraisemblablement Sulzbach près d'Ulster. Entre 1394 et 1402, le tiers appartenant jusque là à Johannes Scherrer lui a été donné en fermage , de sorte que toute la ferme se trouvait à nouveau dans les mains d'un seul fermier. En 1402 la ferme fut donnée en fermage dans son ensemble et confiée en indivision au nommé Ueli Sulzbacher, deux de ses fils qui s'appelaient tous deux Heinrich et son gendre Heinrich Brunner . Pour les trois décennies suivants, nous n'avons pas d'informations. De 1432 à 1449, les registres du monastère du Rüti mentionnent comme seul fermier pour Schaufelberg un certain Heinrich Sulzbacher, sûrement un des fils nommés plus haut qui portaient ce prénom, à partir de 1450 un Uli Sulzbacher, probablement un fils de Heinrich. Mais le fait que les Sulzbacher apparaissaient comme seuls à devoir payer un loyer ne permet pas de conclure avec certitude qu'ils menaient seuls la ferme en entier: en effet, quand une ferme était morcelée en plusieurs parcelles, un seul titulaire du fermage était inscrit dans les registres cadastraux, c'est à dire le tenant d'une parcelle que le monastère tenait responsable du recouvrement du loyer total et qui se chargeait de son côte de faire rentrer les loyers partiels dus par les autres fermiers. À partir de 1460 cependant la ferme Schaufelberg semble avoir été de nouveau morcelée, car, à côté de celui qui était redevable du fermage jusqu'en 1471, Uli Sulzbacher, apparaissent dans les règlements concernant ce chapitre de nouveaux fermiers, en 1465-1472 Heini, de Schufelberg, en 1466-1472 Heini Brunner, en 1470 Uli, de Schufelberg, en 1470 sqq Cueni Brunner, en 1470 Heini Leman qui remplaça Uli Sulzbacher à partir de 1472.
Le 10 Août 1518, l'abbé Félix et le monastère du Rüti donnent "leur libre ferme sur Schuffelberg" à Konrad et Hans, de Schuffelberg, en fermage héréditaire . De la description des limites que nous avons présentées plus haut pour déterminer l'étendue des terres, il ressort que ce contrat de fermage concernait de nouveau la ferme en entier, comme elle avait été donnée en fermage en 1309 aux Hesse. Les comptes de l'agence du Rüti, initiés en 1534, ne permettent pas de décider si la ferme était louée dans son entier ou en plusieurs parcelles. De 1556 à 1568, les loyers étaient acquittés par Grosshans Schaufelberger, de 1569 à 1571 par lui et Mathis Schaufelberger ensemble. On ne sait pas avec certitude s'ils menaient la ferme comme un tout, car ils peuvent être considérés comme seulement titulaires du fermage. Un peu plus tard, un nouveau morcellement a lieu. Que, à partir de 1573, seuls soient nommés comme redevables du loyer "ceux de Schuffelberg", et qu'ils l'acquittent "en commun", ne permet pas de conclure de façon certaine à un morcellement, car il peut s'agir aussi d'un fermage en indivision, comme nous l'avons déjà vu en 1402. Par contre en 1588, Jagli Schaufelberger fut condamné à une amende de 100 livres parce qu'il avait vendu à Uli Egli de Lee, sans l'autorisation du Conseil et de l'intendant de l'agence du Rüti, quelques parcelles de "sa part de la ferme" . Un recensement des dîmes de Schaufelberg, daté de 1594 , nous donne des informations plus précises sur le morcellement de la ferme. D'après ce recensement, l'ensemble de la ferme était divisé en trois parties, Niederhaus (Uli Schaufelberger), Schaufelberg (Hans et Mathis Schaufelberger) et Ramseln (Hans Streler); en plus de cela, apparaissaient comme propriétaires de parcelles séparées Uli Egli, de Lee, déjà nommé et le banneret Jakob Schaufelberger, de Ried. Cette division en trois parties, Niederhaus, Schaufelberg et Ramseln, revient toujours par la suite, notamment dans les cadastres de 1607, 1652 et 1718 . Ainsi le morcellement effectif de la ferme débuta par trois parties en 1594, comme dit plus haut, et augmenta au cours du temps par suite des héritages et des ventes. Nous reviendrons sur ces développements nouveaux, mais tournons nous d'abord vers les statuts juridiques de la ferme Schaufelberg.
IV. Les statuts juridiques de la ferme Schaufelberg
1. Les juridictions
Les modes de juridiction dans nos contrées sont peu clairs. Je ne m'y hasarderai pas et me contenterai de noter que le Rüti, en donnant Schaufelberg en fermage héréditaire en 1518, s'était réservé la juridiction sur cette ferme. De quelle sorte était cette compétence judiciaire, et comment le monastère l'a-t-il exercée, cela ne ressort nulle part. Mais comme Schaufelberg était en tout cas trop petit pour pouvoir réunir son propre tribunal, il formait peut être une juridiction avec les possessions voisines du Rüti. Bühl aurait pu être son siège, où le Rüti possédait un bailliage depuis 1297 et s'était attribué la contrainte et le ban, et tous les droits jusqu'à la prison et à la mort .
2. Les droits du monastère du Rüti
Pour autant que les biens de Schaufelberg avaient été propriété libre du comte Hartmann de Kyburg, le monastère du Rüti accédait par leur donation à leur pleine propriété. Plus douteuse était la situation juridique de la partie de Schaufelberg que le comte Hartmann avait reçu en baillage du monastère de Saint Gall. Les hosties pour l'autel de saint Gallus que le Rüti s'était engagé à livrer sont bien à prendre comme ce que l'on appelle une redevance de récognition, de reconnaissance, d'où l'on pourrait déduire que la prééminence des droits de propriété de Saint Gall était maintenue et que le Rüti avait seulement demandé un prêt perpétuel en fermage, c'est à dire à durée illimitée (imperpetuum possidendam). Cependant une redevance de récognition n'a pas toujours signifié que la prééminence des droits de propriété était maintenue. Lorsqu'en 1414 le monastère de Saint Gall transféra au monastère du Rüti le bénéfice de l'église de Gossau dans le canton de Zürich, que Hermann von Landenberg de Werdegg avait jusqu'alors reçu en prêt, cela se fit en pleine propriété, et le Rüti s'engagea au payement d'une redevance annuelle d'une livre de cire pour signifier que "la propriété du bénéfice de l'église ci dessus mentionnée qui appartenait à notre monastère leur a été donnée par nous". De même le transfert de la partie saint galloise de Schaufelberg s'est bien fait en pleine propriété. Certains points de l'acte de cession plaident pour cette hypothèse. Il est désigné comme document de donation. Plus loin, il est dit que le comte Hartmann transfère son alleu de Schaufelberg au monastère du Rüti pleno jure, en pleine propriété, et qu'il a demandé à l'abbé de Saint Gall de montrer eamdem gratiam, la même faveur, au Rüti en ce qui concerne la partie qu'il avait jusqu'ici en fief. Même si la prééminence du droit de propriété du monastère de Saint Gall avait été maintenue, la situation du monastère du Rüti affermé de cette manière aurait été pratiquement la même que s'il en avait été pleinement propriétaire. On ne trouve par la suite aucune trace d'un lien quelconque entre Saint Gall et Schaufelberg et en 1518 le Rüti désigne Schaufelberg comme sa "propre ferme libre".
3. L'administration de Schaufelberg par affermage héréditaire ou temporaire.
Le monastère du Rüti avait l'habitude d'affermer ses biens, tant qu'il ne les administrait pas directement, de façon héréditaire ou temporaire. Dans le premier cas, le fermage passait aux successeurs du fermier, dans le second le fermage était consenti pour une période déterminée, la plupart du temps pour 3 ou 6 ans, mais aussi pour la durée de vie d'une ou plusieurs générations. Le contrat de fermage consenti le 28 Novembre 1309 aux frères Werner et Heinrich Hess et à leurs dix fils représente un tel affermage sur deux générations. Comme le Rüti consentait déjà alors des fermages héréditaires, on peut se demander pourquoi cela n'a pas été le cas pour Schaufelberg. Il faut en chercher la raison dans la différence des situations d'intérêts. Le propriétaire se décide avant tout pour le fermage héréditaire, la forme la plus avantageuse pour le fermier, quand une certaine contrepartie est demandée à celui-ci, par exemple l'affermage d'une terre qui doit d'abord être défrichée, ou pour des terres qui ont été données sous condition d'être données en fermage en retour au donneur . Schaufelberg était une grosse ferme, défrichée depuis longtemps, fertile et bien abritée, elle devait être si attrayante pour les frères Hess et leurs nombreux fils, qu'ils se sont empressés de l'accepter même sous la condition moins favorable d'un fermage limité à deux générations, et le monastère du Rüti n'avait pas eu besoin d'offrir un fermage héréditaire plus désavantageux pour lui.
Ce contrat de fermage du 28 Novembre 1309 se signale par une particularité qui a conduit l'éditeur des archives zurichoises à lui donner un titre : "L'abbé Johannes du Rüti donne la ferme Schaufelberger en fermage sous les conditions habituelles à Werner et Heinrich Hess et leurs dix fils". On veut dire par là la fixation dans notre document d'une indemnité compensatoire par laquelle les fermiers, "parce qu'ils ne veulent pas être des gens assis ni ne le sont, ni être assis dans des droits partiels" s'obligent à verser, en dehors du loyer, pendant chacune des trois premières années cinq schilling, puis ensuite 18 livres de beurre chaque année, "en juste compensation". Les documents de l'Allemagne du sud désignent de la même façon une indemnité de départ que le fermier ou ses héritiers versent au propriétaire lors du changement de titulaire par suite du départ ou du décès d'un fermier , une signification qui n'est visiblement pas à retenir ici. Les archives zurichoises expliquent dans ce passage que les Hess avaient voulu recevoir ce fermage plus comme des feudataires que comme des serfs, car ils étaient paysans libres et ne voulaient pas se soumettre à la juridiction et aux corvées du monastère. Cependant on ne peut en aucun cas parler d'un contrat de fief. Plus intéressante est cette autre explication: cette indemnité était due parce que Schaufelberg n'était pas soumis au servage, et que ses fermiers étaient exempts de ses charges et obligations. Car il est certain que les conditions de fermage des Hess n'étaient pas de servage, mais qu'il s'agissait d'un prêt libre selon le droit séculier , qui n'entraînait aucune dépendance personnelle des fermiers envers le monastère. Toutefois une étude plus approfondie des termes du document montre que cette indemnité n'était pas à considérer directement comme due au fait que le prêt était soumis au droit séculier. En effet deux raisons précises sont données pour la mention de cette indemnité compensatoire. D'abord, les Hess ne voulaient pas être des "gens assis", ensuite ils ne voulaient pas "être assis dans des droits partiels". Être assis signifie habiter, être domicilié; "les gens assis" sont ceux qui ont l'obligation d'avoir une maison et d'habiter sur la ferme. Dans d'autres cas, le monastère du Rüti avait imposé une telle obligation à ses fermiers. Ainsi, en 1402, les fermiers d'Ober-Orn sur le Bachtel étaient tenus d'être personnellement présents sur leur bien jusqu'à la Saint Jean-Baptiste (24 Juin), et dans l'affermage de la même ferme à Uli Sulzbacher de Schaufelberg et ses héritiers, ceux-ci s'obligeaient à avoir une maison sur la ferme et à y habiter. Que les Hess ne soient pas tenus à être des "gens assis" semble vouloir signifier qu'ils étaient dégagés de l'obligation de résider personnellement sur la ferme, une liberté qui était bien sûr limitée par l'obligation qui leur était faite de ne cultiver aucune autre ferme en dehors de Schaufelberg . "Être assis dans des droits partiels" est l'expression technique pour désigner un fermage partiel dans lequel le loyer de fermage consiste en la remise au propriétaire d'une part du produit de la ferme. Ce type de fermage était usuel pour les vignes, et était également pratiqué par le monastère du Rüti. Que les Hess ne veuillent pas "être assis dans des droits partiels" signifierait que le monastère renonçait à exiger comme loyer une part définie du produit annuel de la ferme. En résumé, il apparaît que cette indemnité provenait du fait qu'était accordé aux Hess un contrat de fermage qui les dégageait de certaines obligations plus ou moins usuelles dans les contrats de fermage du monastère.
Les renseignements que nous possédons sur le fermage de Schaufelberg entre 1394 et 1402 ne nous donnent aucune indication sur le mode de fermage. Comme ce ne sont ni des fermages héréditaires, ni des fermages temporaires pour un nombre défini d'années, il s'agit évidemment de fermages pour la durée de vie du fermier. Au dimanche des rameaux 1402, il s'agit de nouveau, comme en 1309, d'un fermage conclu pour deux générations, celles d'Ulrich Sulzbacher, de ses fils et de son gendre.
Le 10 Août 1518, Schaufelberg fut donnée pour la première fois en fermage héréditaire, et est resté tel depuis lors. La ferme était donc héritée sans autre par les successeurs et restait dans la même famille, tant qu'elle ne retournait pas au monastère, par manque de successeurs, parce que le fermier vendait la ferme ou qu'il était expulsé à cause du non payement du loyer ou par suite de mauvaise gestion.
Comme nous l'avons laissé entendre, la ferme héréditaire ou, plus exactement la clause de fermage héréditaire, n'était pas seulement transmissible par héritage, mais on pouvait aussi la vendre. Le fait de pouvoir transmettre par héritage ou de pouvoir vendre donnait au fermier une position forte, semblable à celle d'un propriétaire; plus le temps passait, plus les attributions du propriétaire lui-même passaient au second plan. Certes le droit de vendre du fermier était limité par la prééminence du propriétaire, mais cette mesure elle-même s'affaiblissait progressivement au cours du temps. A l'origine, une telle vente n'était possible que de la façon suivante : le fermier redonnait la ferme au propriétaire et celui-ci la donnait de nouveau en fermage à l'acquéreur. Et naturellement le propriétaire ne le faisait que si le nouvel acquéreur lui convenait. Plus tard, une transmission directe du fermier à l'acquéreur était possible, il suffisait d'obtenir l'autorisation du propriétaire. Enfin, cette dernière mesure, tout de même efficace, tomba à son tour et il ne resta au propriétaire qu'un droit de préemption en vertu duquel il pouvait entrer dans le contrat du fermier et de l'acquéreur aux conditions convenues ou, si cela était prévu au contrat de fermage, à des conditions plus favorables. Ainsi, d'après leur contrat de fermage de 1518, Konrad et Hans de Schaufelberg étaient obligés, dans le cas d'une vente totale de la ferme, de la présenter d'abord au monastère et de la lui donner pour le même prix qu'à l'acquéreur prévu, à une livre près".
Comme nous l'avons vu, le monastère autorisait depuis le début, avec certaines restrictions, un morcellement de la ferme entre plusieurs fermiers solidaires. Par contre la vente à des tiers de parties de la ferme, vente qui pouvait ne pas être souhaitable pour des raisons économiques ou juridiques, était soumise à restriction comme la vente totale. D'après le contrat de 1518, un fermier qui voulait vendre sa part de la ferme était tenu de l'offrir d'abord à la vente à ceux qui possédaient déjà des parts de la ferme et y habitaient. Si ceux-ci ne voulaient pas acheter, elle devait être offerte au monastère, et, seulement si celui-ci refusait, la vente pouvait être conclue avec un tiers quelconque. La vente d'une parcelle conclue sans tenir compte des droits de préemption des autres fermiers et du monastère était invalide, et avait pour conséquence que le fermier était déchu de son bien. Le Conseil le confirma en 1588, quand Jagli Schaufelberger vendit à Ugli de Lee, "derrière leur dos", quelques parcelles de la ferme héréditaire Schaufelberg . Mais pour des raisons particulières et par clémence, le Conseil valida par la suite cette vente et se contenta d'infliger à Jakob Schaufelberger une amende de 100 livres. Et dans les cas ultérieurs de vente non autorisée de parcelles, la sanction consista uniquement en une amende , sans doute parce que l'ancien droit rigide du propriétaire ne pouvait plus être appliqué à des fermiers devenus rentables pour lui.
En cas de vente, aussi bien totale que partielle, l'acquéreur devait payer au monastère une compensation en reconnaissance de sa prééminence en tant que propriétaire. Elle se montait à 130 florins pour l'ensemble de la ferme, à une fraction proportionnelle de cette somme pour une parcelle, par exemple 43 florins 20 kreuzer pour Amslen, et, depuis 1630, seulement 40 florins. Comme cette somme devait souvent être payée quand une ferme, par suite de la mort du fermier, passait à ses héritiers, on peut se demander si c'était le cas pour Schaufelberg. La réponse est non, car une note sur un cadastre de 1607 précise que la ferme Schaufelberg, quand elle serait vendue, rapporterait de tout temps une compensation de 130 florins. Cela correspond bien aux sommes que j'ai trouvées dans les comptes de l'agence du Rüti sous la rubrique "compensation" pour des transactions entre vivants , mais aucune ne concernait son versement dans un cas d'héritage.
En dehors des loyers et des dîmes, dont nous parlerons en détail plus tard, l'obligation principale du fermier consistait à maintenir les bâtiments et les terres "en bon, honnête et entier soin et respect", c'est à dire entretenir régulièrement les bâtiments la ferme et cultiver soigneusement les terres. Quelques unes de ces règles générales sont plus ou moins précisées dans le contrat de fermage, et particulièrement dans celui de 1309. Nous connaissons déjà la clause que les Hess ne doivent cultiver aucune autre terre, en dehors de Schaufelberg (art. 7). Ils n'ont pas le droit de sous-louer des champs ou des prairies sans l'accord du monastère (Art. 10). Ils ne peuvent vendre le bois qu'avec l'accord du monastère, le foin et la paille doivent rester sur la ferme (Art. 6). Du bétail extérieur ne doit pas paître sur ses terres (Art. 8). les anciennes forêts, pas encore défrichées, doivent rester en leur état (Art. 9). D'autre part, les fermiers étaient obligés de débroussailler les prairies et de clore les terres. Pour l'histoire rurale, les dispositions de plusieurs contrats de fermage concernant la construction et l'entretien des bâtiments sont particulièrement intéressantes. De façon répétée, une nouvelle location donne lieu à la construction de nouvelles maisons, que l'on doit se représenter entièrement construites en bois et ayant par là une durée de vie plus courte que les maisons en pierre. L'obligation de construire une nouvelle maison peut être imposée soit au fermier soit au monastère; en règle générale cependant, les deux semblent y participer. Ces rapports ont été réglés de façon complète et évidente lors de l'affermage de l'entière ferme Schaufelberg à Uli Sulzbacher entre 1394 et 1402. Le monastère s'engageait à construire une maison neuve de seize montants et de la remettre à Uli Sulzbacher avec sa charpente complète munie de ses poutres et de ses lattes. Mais les clauses suivantes montrent que le monastère, en dehors de l'ossature et de la charpente, ne devait installer que le rez-de-chaussée, avec une salle et deux chambres, tandis que Uli Sulzbacher devait compléter à ses propres frais les trois chambres de l'étage et tout ce qui restait à faire. De même le devoir d'entretien était réparti entre les deux parties. Uli Sulzbacher avait à maintenir en bon état les murs et le toit et à réparer lui-même les petits dommages, un montant ou deux, ou d'assez petites choses. Mais si par contre un mur entier menaçait de s'effondrer ou un dommage de même importance, le monastère devait l'aider. Par l'affermage de Schaufelberg a Uli Sulzbacher, son fils et son gendre en 1402, le monastère s'engageait à nouveau à la construction d'une nouvelle maison; cependant ce sont les fermiers qui devaient la couvrir. L'entretien de l'ensemble des toitures était confié aux fermiers, et par suite de cela, ils étaient responsables de tous les dommages que les maisons pouvaient souffrir "par la faute de fuites dans le toit". Mais si les maisons pourrissaient à partir du sol, ou sous l'influence des intempéries, elles devaient être réparées par le monastère à ses propres frais. Le fermier pouvait prendre les bois nécessaires à la réparation dans les forêts appartenant à la ferme, comme il est dit explicitement dans l'Art. 5 du contrat de fermage de 1309.
4. Le loyer
La contrepartie habituelle du fermier pour la jouissance des biens mis à sa disposition consiste en payement d'un loyer. Celui-ci peut être modifié, et surtout augmenté, quand les fermages concédés à vie, ou pour un certain nombre d'années arrivent à leur terme, et qu'un nouveau contrat est établi ; dans le cas d'un fermage héréditaire au contraire, il prend la forme d'une charge que théoriquement on ne peut modifier et qui pèse sur le bien. Cette impossibilité de modifier le loyer signifie d'abord que le propriétaire ne pouvait l'augmenter tant que le contrat héréditaire était en vigueur. Mais quand il s'éteignait, parce que le fermier y renonçait, ou mourait sans héritiers, ou quand la ferme retombait dans les mains du monastère par suite de non-paiement du loyer, la possibilité s'offrait alors d'augmenter le loyer. Mais à l'impossibilité d'augmenter le loyer correspondait aussi celle de le diminuer. Pour les contrats à durée déterminée, si le produit de la ferme était, de façon inhabituelle, fortement réduit par suite de mauvaises récoltes, de grêle, de guerre ou d'autres catastrophes, une remise de loyer était usuelle, celle-ci était par contre régulièrement exclue pour les contrats héréditaires .Les archives de Schaufelberg confirment cette règle : le contrat de fermage de 1309 limité à deux générations prévoyait de telles remises, le contrat héréditaire de 1518 les excluait.
D'après le contrat de fermage de 1309, le loyer s'élevait à 10 livres auxquelles s'ajoutaient durant les trois premières années la l'indemnité compensatoire de 5 schilling et, à partir de la quatrième, de 18 livres de beurre. En 1402, le loyer en espèces se montait toujours à 10 livres, le loyer en nature par contre, qui n'apparaissait plus comme une compensation, mais comme une partie du loyer, à 36 livres de beurre. Le loyer resta à ce niveau jusqu'au début du 16ème siècle. Le premier contrat de fermage héréditaire en 1518 apporta une augmentation des loyers à 14 livres de Zürich, 36 livres de beurre, 100 œufs et, à mardi gras, une poule par maison. Les comptes de l'Agence du Rüti en 1539 font apparaître un doublement du loyer en beurre à 72 livres (24 mesure , soit 2 quarts ou 72 livres). Le loyer lui même reste inchangé, et restera tel, à part deux exceptions peu significatives, jusqu'à son extinction au 19ème siècle. Le nombre des poules de mardi gras augmente en suivant celui des maisons depuis trois en 1563, et avant cela, en 1551, une taxe désignée comme "redevance sur le foin", c'est à dire un montant fixe de 1 livre et 6 shilling prenant la place de la dîme sur le foin, est ajoutée au le loyer de 14 livres, sous une seule rubrique. Ainsi, le loyer total se monte à 15 livres 6 shilling en espèces, 72 livres de beurre, 3 poules à mardi gras et 100 œufs. Ce montant, inchangé, apparaît encore dans un relevé cadastral de 171841a, ou, contrairement à la présentation des comptes des années suivantes, le loyer en espèces de 15 livres 6 shillings apparaît de nouveau séparé en deux parties (14 livres de loyer, 1 livre 6 shillings de redevance sur le foin).
Mais ce qui vient d'être dit mérite d'être complété. Le loyer dont nous avons parlé jusqu'ici n'est pas le seul qui est perçu de la ferme Schaufelberg, mais seulement le loyer initial, ou - comme je l'appellerai - le loyer principal. d'autres loyer, des loyers secondaires, apparaissent depuis la moitié du 16ème siècle, d'1 malter d'avoine, et 36 livres de beurre. De 1636 jusqu'à la fin du 17ème siècle, le loyer principal et les loyers secondaires de la ferme Schaufelberg étaient comptabilisés en un seul, soit 15 livres et 6 schillings en espèces, 108 (72 + 36) livres de beurre, 3 poules pour mardi gras et 100 œufs, et comme débiteur étaient désignés "les propriétaires de la ferme Schaufelberg". À partir de 1699, les deux types de loyer sont nommés séparément, et pour les deux, les mêmes débiteurs sont désignés .
Les archives des revenus de fermage au 19ème siècle ne reconnaissent plus l'origine de ce loyer secondaire de 1 malter d'avoine et de 36 livres de beurre; il semble être en rapport en quelque façon avec les possessions du Rüti à Bühl et avec Amslen .
Le loyer se payait, comme on le voit ci-dessus, partie en espèces, partie en nature. Mais les redevances en nature pouvaient, par un accord entre les deux parties, être remplacées par un payement en espèces. Cela se produisit aussi à Schaufelberg. Ainsi, par exemple, selon les comptes du Rüti de 1579, les 108 livres de beurre ont été réglées en espèces, 2 schillings 6 liards la livre, où le montant total de 13 livres 10 schillings a été ramené à 8 livres, 3 schillings pour tenir compte des mauvaises conditions du marché. Car les annexes des comptes disent : Le beurre sera payé selon les prix du marché. Les comptes depuis 1803 montrent que les autres loyers en nature sont depuis longtemps réglés en espèces. Ce règlement en espèces était consenti aux habitants de la ferme Schaufelberger par suite de son altitude et de son éloignement .
Dans le contrat de fermage de 1309, par lequel Schaufelberg est loué pour la durée de vie de deux générations, le loyer est désigné comme "juste loyer", c'est à dire régulier, autorisé, probablement par opposition au prêt à intérêt, interdit dans le droit d'Église. Ce qui se produisait quand il n'était pas payé est indiqué dans l'article 14 du contrat qui prévoit que le monastère ne peut chasser les fermiers, tant qu'ils payent leur loyer. Donc le monastère pouvait, en cas de non payement des loyers, récupérer ses biens et en chasser les fermiers. S'il voulait agir moins rudement, il pouvait se contenter de saisir les biens mobiliers se trouvant sur son bien et se payer là-dessus . D'après les articles 11 et 16 du contrat, les garants désignés par le fermier répondaient du loyer pendant les trois premières années.
Dans le contrat de fermage de 1518, le loyer est qualifié de "juste, constant, perpétuel". Il pèse sur le bien comme une charge inaltérable et inaliénable et les seules garanties pour le payement du loyer sont les produits de la ferme et les biens mobiliers. La position forte du fermier héréditaire, semblable à celle d'un propriétaire, est clairement exprimée dans les clauses du contrat concernant les garanties et le recouvrement du loyer. Une fois en effet, le fermier donne la ferme en garantie pour le loyer. Par là se fait jour une nouvelle conception, où le fermier est considéré comme le vrai propriétaire de la ferme, et celui qui la donne en fermage simplement comme un ayant-droit aux loyers. En conformité avec cela, une nouvelle disposition règle les droits des loueurs et du fermier en cas de non-paiement du loyer. Tandis que dans l'ancien droit, la ferme retournait dans ce cas au monastère, la ferme devait maintenant "être saisie, mise aux enchères et vendue suivant les us et droits de la commune de Grüningen". Le monastère ne fait plus valoir ses droits de propriété envers le fermier défaillant, mais doit, comme tout autre créancier, faire rentrer ses créances en poursuivant son débiteur. Il ne faut bien sûr pas comprendre cela comme si les rapports de fermage héréditaire étaient devenus une simple affaire de loyers, mais cela montre combien le fermage héréditaire s'est rapproché sur le plan économique de la propriété et comment, en conséquence, les dispositions légales ont changé.
Le fractionnement de la ferme Schaufelberg en plusieurs fermes sur un seul domaine a eu pour conséquence que des fractions du loyer total furent transférées sur les différents fermiers. Par exemple, la part acquise par Jakob Schaufelberger et ses deux fils était soumise à un loyer de 31/8 quarts d'avoine, 7 mesures de beurre fin, 20 œufs, une demi poule et 1 livre 10 shillings en espèces. Le monastère pouvait cependant - comme dans le contrat de fermage du 10 Août 1518 - choisir un des fermiers comme détenteur du loyer; il devait recueillir les parts de loyer des autres fermiers et payer le loyer dans son entier. Toute la ferme servait de garantie pour l'ensemble du loyer, en dépit de son morcellement.
Le 11 décembre 1845, le loyer du fermage héréditaire de Schaufelberg (1 malter d'avoine, 15 livres 6 schillings en espèces, 68 livres et 6 schillings à la place des 108 livres de beurre, 3 poules et cent œufs) fut réglé avec 1902 francs, six sous et 4 centimes . et avec ce règlement, disparut le dernier reste du rapport de fermage héréditaire. Les fermes de Schaufelberg passèrent en pleine propriété à leurs fermiers.
5. La dîme
La dîme de la ferme Schaufelberg revenait pour moitié au bénéfice de Wald, pour moitié au monastère, puis à l'agence du Rüti . À l'origine, on peut se représenter la livraison de cette dîme de la façon suivante : lors de la récolte, en présence d'un représentant de l'ayant-droit, la dixième partie de la récolte lui revenant était mise de côté. Les fermiers étaient chargés, d'après le contrat de 1518, de livrer cette part au monastère, à leurs risques et frais. Mais avec le temps, des façons de procéder plus simples prirent le dessus. Au lieu du dixième du foin, une somme fixe en espèces de 1 livre 6 schilling entra en vigueur dès le 15ème siècle. Le monastère avait l'habitude, cela dès le 15ème siècle, de donner le dixième des grains à un tiers, souvent un des fermiers, moyennant un prix estimé. Ainsi fut-il fait également après la Réforme. Par exemple, les comptes de 1534 donnent une entrée de 1 quart 3/8 d'épeautre et 1 quart 3/8 d'avoine "à remettre à Schaufelberg pour notre compte" avec la remarque "Schaufelberg les a reçu"; en 1537, "Schaufelberger et Hans Stucki" donnent comme dîme pour Schaufelberg "1 malter, 9 quarts d'épeautre ainsi qu'un malter et un quart d'avoine"; en 1546, les "gens de Schaufelberg" ont reçu le dixième des récoltes : en épeautre, 1 malter, 3/8 quarts. Une autre formule était employée pour dire que la dîme était réglée de cette manière : "Schaufelberg et Bettschwendi doivent" : 3/4 de quart d'épeautre, 3/4 de quart d'avoine. Ce montant estimé de la dîme en produits, qui était fixé suite à une visite des terres avant la récolte, pouvait avec l'accord des deux parties être réglé en espèces. Ainsi en 1564 les Schaufelberger prirent en charge la dîme sur Schaufelberg et Bettschwendi pour 1 malter, 11/16 quarts, et la remboursèrent en versant 8 schillings par quart. Dans le seconde moitié du 18ème siècle, les comptes du Rüti distinguaient en montagne les "grandes dîmes, accordée par un intendant" et les petites dîmes qui, d'après les pratiques en vigueur, étaient données en retour selon leur montant estimé. Cette distinction ne peut pas venir de la sorte de récolte soumise à la dîme, car Schaufelberg, aussi bien pour les grandes dîmes de céréales que pour les petites dîmes d'épeautre et petit-pois, est classée sous "petites dîmes". La différence entre les grandes et les petites dîmes en montagne vient bien plus de leur mode de perception. Les "grandes dîmes" sont attribuées au mieux-disant lors d'enchères publiques, tandis que pour les "petites dîmes", l'expression "donner en retour" signifie qu'elles étaient remises à un tiers pour leur valeur estimée, et particulièrement à celui-là même qui en était redevable51a .
Les relevés des dîmes de 1594 nous renseignent sur l'étendue du domaine Schaufelberg soumis à la dîme. Mais cependant, dans les comptes de l'agence, figurent tantôt les montant des dîmes pour Schaufelberg seule, tantôt pour Schaufelberg et un nombre variable de fermes voisines (Niederhaus, Bettschwendi, Amslen, Blegi etc), de sorte qu'il est difficile de comparer le montant des dîmes sur une longue période. Cependant on voit un net recul des céréales depuis le tournant du 16 au 17ème siècle. De plus, depuis la deuxième moitié du 18ème siècle, apparaissent à côté de l'épeautre et de l'avoine, des haricots et de l'orge. En particulier nous rencontrons à partir du milieu des années 1760 une dîme sur les pommes de terre, soldée en espèces depuis le début; pour sa première apparition en 1767, Schaufelberg, Ramslen, Riet et l'Enden payèrent 8 livres, 8 schillings et 6 liards, entre 1770 et 1780, elle oscilla entre 16 et 20 livres, et dans la dernière décennie du siècle, dépassa régulièrement les 30 livres. Le montant le plus élevé, en 1793, fut de 36 livres, 5 schillings. Il faut encore se souvenir que les sommes perçues par l'agence du Rüti ne représentaient que la moitié des dîmes de Schaufelberg et des fermes voisines, l'autre moitié revenant au bénéfice paroissial de Wald. Les comptes de la deuxième moitié du 18ème siècle le précisent explicitement; par exemple, en 1758, "Schaufelberg, Ramslen, Riet et l'Enden ont, en plus de la moitié livrée au bénéfice de Wald, rapporté à l'agence : épeautre 15/16 de quart, avoine 1 malter, 15/16 de quarts", etc ...`
Le 8 Novembre 1833, la dîme de Schaufelberg fut rachetée, sur la base de la moyenne des montants versés sur vingt ans, pour 669 francs, 9 sous, et 5 centimes. D'après la désignation des montants portés au livre de perception des dîmes, ceux-ci se rapportent à la dîme "qui revenait auparavant au bénéfice de Wald dans l'agence du Rüti", de sorte qu'on a l'impression que la moitié de la dîme qui revenait d'abord au monastère, puis à l'agence du Rüti, avait été plus tôt déjà, ou bien seulement plus tard, rachetée séparément. Je n'ai pu savoir s'il en était bien ainsi, ou si le registre de perception des dîmes était inexact et que le règlement correspondait en fait à l'ensemble des dîmes de Schaufelberg .
V. Histoire du domaine Schaufelberg aux temps modernes.
Avant la mise en place en 1640 des registres fonciers de l'autorité de la seigneurie de Grüningen , le peu de documents disponibles et les entrées dans les comptes et le cadastre de l'agence du Rüti permettaient bien des aperçus sur les rapports fonciers à une période déterminée, mais encore aucune vue d'ensemble sur leur transformation continuelle par les héritages, les ventes ou les échanges. Mais même après l'introduction des registres fonciers, une représentation complète de l'histoire des propriétés s'avère souvent difficile. Entre les différentes mentions manuscrites, spécialement entre l'exécution réelle d'une succession et son enregistrement notarial, passent souvent des années ou des décennies. Entre temps, la dénomination du bien, ses cultures, ses modes de culture, ses divisions et ses limites peuvent avoir changé. Les changements que cela introduit dans la description du bien, et les variations du calcul des surfaces basé sur des estimations, rendent souvent difficile, ou même impossible, d'identifier la situation juridique d'un bien en fonction de ces inscriptions antérieures. On peut facilement en prendre son parti pour des terrains non construits, pour lesquels on se satisfera de connaître leur situation générale. Pour les bâtiments d'habitations au contraire, qui représentent pour les hommes leur foyer et auxquels ils se sentent étroitement attachés, on aimerait savoir avec certitude si une maison, nommée depuis deux, trois ou quatre siècles, correspond bien à une des maisons existantes aujourd'hui, et à laquelle. Mais c'est justement là, même longtemps après l'introduction des registres fonciers, que les comparaisons sont particulièrement difficiles, car, en plus des raisons déjà exposées, s'ajoute le fait que les maisons qui se trouvaient là ont brûlé, ou ont été démolies, et que l'actuelle route d'Egg à Schaufelberg a un tracé différent de l'ancienne. Alors qu'aujourd'hui elle passe au sud des maisons num. ass. 12/13 et 15 , elle faisait autrefois un détour vers le nord, encore visible sur le terrain, autour des maisons num. ass. 12/13, pour rejoindre de nouveau le tracé actuel entre celles-ci et la maison num. ass. 15. Cela complique la compréhension des entrées dans les registres fonciers, qui signalent les constructions par "au dessus de la rue" ou "en dessous de la rue". Ainsi il sera, pendant longtemps encore, impossible d'obtenir des données fiables sur l'identité des maisons. De manière générale, nous arrivons sur un terrain plus solide seulement au 18ème siècle, car les employés cadastraux commencent, en enregistrant un acte juridique, à relever la dernière entrée concernant ce bien et à noter dans la marge les modifications ultérieures qu'il a subi. Au 19ème siècle, la mention du numéro d'assurance incendie permet une identification plus sûre.
Si nous regardons en arrière le cours des changements de propriété à Schaufelberg, il ressort que certains ensembles, malgré les nombreux changements dus aux ventes et aux achats, sont cependant plus ou moins restés dans les mêmes mains durant une très longue période. Pour être plus clair, je diviserai donc l'histoire de la propriété selon ces ensembles et suivrai leur sort jusqu'à l'époque actuelle, pour ensuite donner un aperçu condensé des changements de main des maisons. Pour cela, je me limiterai à Schaufelberg stricto sensu et laisserai hors de mes considérations le sort des parties de ferme Amslen et Niederhaus et encore plus celui des fermes voisines Auen, Lee et Moos, ou je n'y toucherai que lorsque les circonstances l'exigeront. Mais même l'histoire de la propriété Schaufelberg ne peut pas viser à une intégralité totale ni à lever toutes les incertitudes; elle doit se contenter de déterminer dans leurs grandes lignes les mouvements de propriété jusqu'à l'époque actuelle. Pour une meilleure visibilité, j'ai donné des tableaux des mouvements de propriété au sein des familles Schaufelberger, Halbheer, et Brunner, et il sera utile de lire le texte en ayant constamment ces tableaux sous les yeux (p. 71, 72 et 73). Les numéros ajoutés à côté des noms de personne, tant dans le texte que dans les tableaux, permettent de déterminer de façon simple de qui il est question, parmi les nombreux Hans Jakob, Hans Heinrich ou Heinrich.
1. Les propriétés des Schaufelberger
Nous avons déjà appris à connaître les fermiers qui ont eu en fermage la ferme Schaufelberg au 14ème et 15ème siècle, lorsque nous avons parlé du morcellement du grand domaine d'origine. Pour pouvoir prendre position sur la question de savoir si entre ces premiers fermiers et leurs successeurs, qui portent depuis le 16ème siècle le nom de Schaufelberger, il y a un rapport généalogique, nous devons revenir sur ces données.
Entre 1394 et 1402, Ulrich Sulzbacher, qui avait déjà en fermage les deux tiers de la ferme Schaufelberg, prit également le troisième. En 1402 la ferme fut donnée en fermage en commun à Ulrich Sulzbacher, ses deux fils Heinrich et son gendre Heinrich Brunner. Entre 1432 et 1449, Heinrich Sulzbacher, vraisemblablement un des deux fils portant ce même nom de Heinrich, figure comme redevable du loyer, et de 1450 à 1471, de nouveau un Uli Sulzbacher, sûrement un fils du Heinrich ci-dessus nommé. En 1472, un nouveau changement apparaît; par dessus "Uli Sulzbacher" biffé, on trouve comme redevable du loyer de Schaufelberg "Heini Leman". Il y reste jusqu'en 1498, où "Konrad Leman sur Schaufelberg" prend sa place. Ce Konrad Leman reste redevable du loyer de Schaufelberg jusqu'en 1503, date à laquelle cessent les rôles de loyer du Rüti d'avant la Réforme.
Leman est sans aucun doute à comprendre, non pas comme un nom commun (Lehenmann = fermier), mais comme un nom de famille. Cela aurait été totalement inutile, et contraire aux coutumes constantes du monastère du Rüti, de préciser par cet ajout formel dans les rôles de loyer, sa qualité évidente de fermier pour désigner le redevable et porteur du loyer. À cela il faut ajouter que déjà en 1470, alors que Uli Sulzbacher était encore redevable du loyer de Schaufelberg, "Heini Leman" apparaît aux côtés de Uli de Schaufelberg et de Küeni Brunner comme débiteur d'un loyer partiel. Il devait donc alors avoir possédé une partie de la ferme Schaufelberg avec ces deux-là. De plus, jusqu'en 1472, année où il remplaçait Uli Sulzbacher comme redevable de Schaufelberg, il menait une partie de la ferme de Schauingen, aujourd'hui Schaugen, sur les pentes sud ouest, de l'autre côte de l'Egg, où, d'après les rôles de loyer de cette année-là, il devait encore certaines sommes pour le loyer de cette ferme. On peut en tirer la conclusion qu'en 1472, les Sulzbacher avaient été remplacés comme redevables du loyer de la ferme Schaufelberg par de nouveaux fermiers, appartenant à une autre famille.
Malheureusement les registres de loyer du Rüti présentent une lacune entre 1504 et 1534, due aux pertes subies aux temps de la Réforme. Durant cette période, a lieu en 1512 la cession en fermage héréditaire de la ferme Schaufelberg à Konrad et Hans "de Schaufelberg", qui peuvent être considérés comme la souche de tous les Schaufelberger suivants sur Schaufelberg. Ici, la question se pose à nouveau de savoir si Konrad et Hans "de Schaufelberg" appartenaient à une nouvelle famille de fermiers, ou aux Leman, connus depuis 1503 comme fermiers de Schaufelberg. En faveur de cette dernière hypothèse, on peut tout au plus dire qu'un des deux fermiers de 1518 portait le même prénom Konrad que le dernier Leman de 1503, une circonstance qui ne prouve rien par elle-même. Mais le fait que, déjà au milieu des années 1460, c'est-à-dire du temps où les Sulzbacher étaient encore les fermiers sur Schaufelberg avant que n'y apparaissent les Leman (en 1472), les noms "Heini et Hans de Schaufelberg" soient cités dans les décomptes des loyers héréditaires des Schaufelberger, plaide de façon décisive contre l'identité des familles Leman et "de Schaufelberg". Les "de Schaufelberg", qui déjà avant la fin du 16ème siècle étaient appelés simplement "Schaufelberg" ou "Schaufelberger", n'ont donc rien à voir avec la famille Leman. Il est cependant possible, et même vraisemblable, qu'ils proviennent d'une famille qui avait auparavant pris en fermage entièrement ou en partie l'ancienne ferme Schaufelberg; mais laquelle de ces familles vient ici en ligne de compte, il est impossible de le dire de façon certaine.
Ce n'est que sept décennies après la cession de Schaufelberg en fermage héréditaire en 1518, que nous trouvons un premier document qui nous montre certaines parties de la ferme Schaufelberg dans les mains d'un fermier précis. C'est une reconnaissance de dette pour 1000 florins sur Schaufelberg que Konrad Schaufelberg a établi à la Saint Martin 1589 et qui ne sera effacée parce que réglée qu'en 1874 . Comme garantie furent donnés en première ligne une maison et une cour avec une grange et un potager, en plus 5 journaux de prairie et 8 jucharts de champs. Ces parcelles d'un seul tenant se trouvent sur Schaufelberg et touchent dans leur ensemble les prairies d'en haut de Uli Schaufelberger, à Oberhaus . Tout contre ce noyau, on trouve encore 5 journaux de prairies, 1 journal de prairie cultivée en seigle, 7 jucharts de champs et un juchart et demi de bois sur la Montagne, au nord ouest de l'actuelle route d'Egg. En plus 5 journaux de foin à Moos, situés à proximité de l'actuelle Obermoos et différentes parcelles sur le bord sud opposé de Schaufelberg, à savoir un pâturage pour 8 vaches à Felmis, entre l'Egg et Amslen, un juchart et demi de bois au même endroit, 12 jucharts de prairie à Oberberg et 5 jucharts de bois à Altenwald.
En 1594, peu d'années après l'établissement de cette hypothèque, le contrôleur Hans Konrad Wirz établit un état des dîmes de la ferme Schaufelberg, sur les indications d'Uli Schaufelberger à Niederhaus, du banneret Jakob Schaufelberger à Ried, de Hans et Mathys Schaufelberger à Schaufelberg et de Uli Egli à Lee. Pour la première fois apparaît ici la division de la ferme originelle en trois parties : Niederhaus, Schaufelberg et Amslen, comme on la retrouve dans les documents de 1607, 1652 et 1718. Le propriétaire de Niederhaus est Uli Schaufelberger, qui apparaît déjà dans l'hypothèque de 1589 comme co-garant du débiteur principal, Konrad Schaufelberger . Ses propriétés sont éparpillées de Bettschwendi jusqu'à la crête de la chaîne de l'Allmann vers le haut. Hans et Mathys Schaufelberger possèdent en commun une maison à Schaufelberg, avec grange, verger et potager, une chènevière d'un quart et demi de semences , de même que deux parcelles de bois à Ramselholz et Altenwald, tandis qu'ils se sont partagé à parts égales 6 journaux de prairies à Moos, un pâturage à la Montagne pour 6 vaches et 12 journaux à Oberwiesen; ils sont donc frères, sans aucun doute. Hans Streler, enfin, possède, comme le montrent les propriétés mitoyennes, la ferme à Amslen. À côté de ces propriétaires des trois parties de la ferme, apparaissent encore comme propriétaires de parcelles redevables de la dîme le banneret Jakob Schaufelberger à Ried et Uli Egli à Lee. Jakob Schaufelberger était banneret de la seigneurie de Grüningen; Nous possédons deux vitraux de lui, qui montrent un guerrier en magnifique équipage, avec le drapeau de la seigneurie de Grüningen et une pelle pointue dans ses armes (voir note 17 et page suivante). Les propriétés de Uli Egli à Lee sont clairement les mêmes que celles que lui avait vendues quelques années plus tôt Jagli Schaufelberger sans en avertir le propriétaire, la ville de Zurich (voir annexe 9). Curieusement, Konrad Schaufelberger, le débiteur hypothécaire de 1589, n'est pas nommé dans l'état des dîmes, bien qu'un Konrad Schaufelberger apparaisse encore dans les comptes de l'agence du Rüti de 1601 à 1603 et dans le cadastre de 1607 comme redevable du loyer de Schaufelberg.
À l'époque où pour nous, grâce à la mise en place des registres fonciers en 1640, une succession de fermiers appartenant à la famille Schaufelberger est identifiable, on trouve des parties significatives de la ferme aux mains de Jaggli Schaufelberger, né en 1610, domicilié à Niederhaus. De son mariage avec Anna de Halden (née en 1609, veuve en 1646) naquirent deux fils, Ulrich (1) en 1636 et Heinrich en 1639.
Ulrich Schaufelberger (1) à Schaufelberg, par reconnaissance de dette du 1er Mai 1665 aux héritiers de Rudolf Halbheer à Lee, pour une somme de 600 florins, hypothéqua les propriétés suivantes :
1. Maison, grange, verger et potager, 1 journal de prairie, plus loin 8 journaux de prairies à Mooswiesen, le tout situé sur Schaufelberg en un seul tenant, et touchant :
1. Holderweise de Halbheer,2. et 3. l'alpage de son frère Hans Heinrich Schaufelberger à Niederhaus et Mooswiesen,4. Mooswiesen de Halbheer, 5. Langwiesen de Marx Brandli à Schaufelberger;
2. 10 journaux à Oberweisen, avec un alpage de 12 ou 15 têtes de bétail, touchant : 1. Oberwiesen de Marx Brandli et 2. Giessrain, 3, Stüssel de Halbheer, Allmen à Gyrenbad de Hans Pfenninger, Rüti de Jagli Pfenninger, l'alpage de son frère Hans Heinrich Schaufelberger et la route cantonale.
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Les propriétés données en 1, ainsi que la maison, se situent, comme le montrent les propriétés mitoyennes, au sud est de l'actuelle route de l'Egg, entre Niederhaus, Obermoos et Schaufelberg. On pourrait penser qu'en ce qui concernait la maison, il s'agissait du num. ass. 11 actuel, sous la route de l'Egg. Les description de propriétés, les indications de surfaces et les propriétés mitoyennes diffèrent certes de telle façon des données correspondantes de la reconnaissance de dette du 1er Mars 1685 qui va bientôt être évoquée et dans laquelle nous croyons reconnaître avec suffisamment de certitude la maison num. ass. 11, que cette hypothèse reste cependant incertaine. Les propriétés données en 2, se situent entre la route de l'Egg et la crête de la chaîne l'Allmann. L'alpage de 12 ou 15 têtes de bétail est sans aucun doute celui qui apparaît dans le document suivant sous le nom de Allmannweid. Ce que nous pourrons savoir en plus sur les propriétés d'Ulrich Schaufelberger (1), nous le trouverons dans la description des propriétés de ses fils.
Ulrich Schaufelberger (1) mourut entre le 1er Mai 1673 et le 11 Novembre 1678 . De son mariage avec Anna Honegger il laissa deux fils, Hans (2), né en 1658 ou 1659 et Hans Ulrich (3), né en 1662. Hans Schaufelberger (2), dans une reconnaissance de dette au profit de Heinrich Bachmann de Schaubingen à la Saint Martin 1684, hypothéqua :
1. Maison, cour et grange, une prairie de 7 journaux, nommée Oberwies, avec un potager et une chènevières d'un quart de semences, le tout situé côte à côte sur Schaufelberg, là la route cantonale passe entre la prairie et la maison; 2. Une prairie de 12 jucharts nommée Allmen; 3. 1 juchart de bois, nommé Heidenholz.
La demeure citée en 1 est très vraisemblablement la maison qui porte actuellement le num. ass. 12 (Dr. Hans Grubler). L'indication que la route passe entre la maison et la prairie (l'Oberweise) plaide pour cette hypothèse; l'ancienne route de l'Egg contournait au nord et à l'ouest la maison num. ass. 12/13 et la séparait ainsi des prairies voisines. La surface de 7 journaux de la prairie Oberwies ne correspond pas non plus de façon concluante à celles qui sont données plus tard (1693 : 8 journaux; 1726 : 6 journaux), mais il s'agit là toujours de mesures approximatives. Dans la prairie de 12 jucharts de l'Allmen, nous retrouvons environ la moitié de l'alpage de 12 à 15 têtes de bétail, donné en garantie le 1er Mai 1665 par son père Ulrich Schaufelberger (1); car, d'après les données des documents ultérieurs des Schaufelberger on compte environ 2 jucharts pour l'estivage d'une vache, de sorte que pour 12 têtes de bétail, il faut 24 jucharts.
Le plus jeune fils d'Ulrich (1), Hans Ulrich Schaufelberger (3), dont les prémonitions de mort ne s'étaient pas réalisées, et qui s'était marié à l'âge de vingt ans avec Elisabeth Kägi, dans une reconnaissance de dette du 1er Mars 1685 au profit de Rudolf Honegger de Fägswil , hypothéqua :
1. Maison et cour avec potager et prairie attenante, le tout 3 journaux, situés côte à côte sur Schaufelberg et touchant : 1. la route cantonale vers Fischenthal, 2. la maison de Marx Brändli, 3. Moorwiesen de Hans Heinrich Schaufelberger de Niederhaus, 4. Holderweisen de Hans Jagli Halbheer à Lee; 2. Une grange au dessus de la route cantonale; 3. 2 journaux à Oberweisen; 4. une prairie nommée Allmen.
La demeure citée en 1 est d'une façon relativement certaine la maison num. ass. 11 (Ing. Alfred Müller), ou plus exactement, la maison qui se trouvait à l'emplacement de l'actuelle maison num. ass. 11. Cette hypothèse repose avant tout sur le fait que, parmi les propriétés mitoyennes, la maison de Marx Brändli est citée, car, comme nous le verrons plus tard, la maison de Hans Ulrich Schaufelberger (3), qui fut vendue en 1688 aux Halbheer et en 1691 par ceux-ci à l'hôpital de Winterthur, avait été bâtie en même temps que celle de Marx Brändli "sous un même faîte et toit". La surface donnée - 3 journaux pour la maison, la cour le jardin potager et la prairie ensemble - correspond bien avec le fait que, au cours du partage de la succession qui sera mentionné plus tard entre Hans Jakob et Kaspar Schaufelberger, 13 Décembre 1821/30 avril 1822, ce dernier recevra, en plus de la maison num. ass. 174 (num. ass.11 actuel) et du jardin potager, 21/2 jucharts de prairie.
Le mariage de Hans Schaufelberger (2) avec Margaretha Schnyder, de cinq ans plus vieille que lui, resta sans enfants. Le 17 Mars 1688, malade de corps mais sain d'esprit, il rédigea son testament en présence de six témoins . Il y coucha, outre sa femme qui devait jouir trois ans encore après sa mort de sa place et son logement dans la maison, neuf autres personnes, et décida que tous les biens restants devraient aller à son frère Hans Ulrich (3).
Peu après, le 1er Mai 1686, dans une reconnaissance de dette au profit du Bailli Johann Rudolf Hess de Grüningen , Hans Ulrich Schaufelberger (3) hypothéqua, non seulement une partie des propriétés qui avaient été hypothéquées par lui le 1er Mars 1685 à Rudolf Honegger, mais aussi les garanties sur lesquelles son frère Hans (2) s'était engagé à la Saint Martin 1684 envers Heinrich Bachmann. On peut en conclure que Hans Schaufelberger (2) était mort peu après la rédaction de son testament. Mais comme dans la reconnaissance de dette, il est écrit "le frère de ce Hans Ulrich s'appelle Hans", il ne peut pas être exclus que Hans vivait encore et donnait uniquement son consentement à ce qu'Hans Ulrich hypothèque ses biens.
En tout cas, Hans Schaufelberger (2) mourut avant le 21 Avril 1693. Car, à cette date, le 21 Avril 1693, Hans Ulrich Schaufelberger (3), représenté par son beau-père Heinrich Bruller de Küsnacht, vendit à son oncle Heinrich Schaufelberger (4) de Niederhaus, en plus des propriétés qui nous avons toujours vues en sa possession, d'autres qui, visiblement, provenaient de la succession de son frère. Cette vente à Heinrich Schaufelberger (4) comprenait :
1. Maison et cour, appentis et étable à cochon, jardin potager et prairie attenante de 3 journaux, comprenant deux petites chènevières, le tout situé côte à côte sous la route cantonale; 2. Maison et cour avec grange, 8 journaux d'Oberwiesen, y compris le jardin potager, plus loin la prairie de l'Allmann pour 6 vaches et 5-6 jucharts à semer le tout côte à côte au dessus de la rue ; tout cela situé sur et à côté de Schaufelberg, touchant : 1. La maison, le jardin potager et la prairie de Marx Brändli, 2. Mooswiesen à Niederhaus appartenant à l'acheteur Heinrich Schaufelberger, 3. Holderwies des fils de Hans Jagli Halbheer, 4. La route cantonale qui passe à travers, 5. L'alpage de l'acheteur sur l'Egg, 6. Allmannweid de Hans Pfenninger à Gyrenbad, 7. Allmannweid et Oberwiesen des fils de Hans Jagli Halbheer, 8. La grange et la place de Marx Brändli.
Les propriétés nommées en 1 sont celles que Hans Ulrich Schaufelberger (3) avait hypothéquées le 1er Mars 1685. Si nous avions alors vu juste, il s'agit aussi de l'actuelle maison num. ass. 11, ou d'une maison qui se trouvait au même emplacement. Les constructions nommées en 2, avec leur extension de 8 journaux à Oberweisen correspondent en apparence, avec de légères différences dans les surfaces et des imprécision dans la description des emplacements - on ne sait pas par exemple si "la rue" signifie autre chose que la route cantonale - à celles que Hans Schaufelberger (2) avait hypothéquées à la Saint Martin 1684. Dans la maison, je vois donc la maison num. ass. 12 (Dr. Hans Gubler). La prairie pour 6 vaches sur l'Allmann correspond à celle de 12 jucharts dans la même reconnaissance de dette de Hans Schaufelberger (2) de la Saint Martin 1684, tandis que les 5-6 jucharts à semer sur l'Allmann doivent provenir de la part que Hans Ulrich (3) a héritée de son père et que nous avons rencontrée dans la reconnaissance de dette du 1 Mars 1685 sous le chiffre 4. La superficie totale de la prairie sur l'Allmann vendue à Heinrich Schaufelberger (4) reste cependant avec 17-18 jucharts notoirement inférieure à celle qui avait été mentionnée dans la reconnaissance de dette d'Ulrich Schaufelberger (1) du 1 Mai 1665 (Estive pour 12-15 têtes de bétail = 24-30 jucharts). Nous ne savons pas si cela provient simplement d'une différence d'estimation, si une partie de l'Allmannweid avait déjà été vendue ou si Hans Ulrich Schaufelberger (3), dans cette vente à Heinrich Schaufelberger (4), en avait gardé une partie pour lui. En conclusion, nous retiendrons que par cette vente du 21 Avril 1693, la propriété d'Ulrich Schaufelberger (1), sinon toute entière, du moins en grande partie, était revenue aux Schaufelberger de Niederhaus. En particulier si nous avons vu juste, les actuelles maisons num. ass. 11 et 12 étaient comprises dans ce transfert de propriété.
Heinrich Schaufelberger (4) de Niederhaus mourut au plus tard en 1710, car cette année là, ses trois fils, Jakob, né en 1665, Hans né en 1672 et Heinrich né en 1679 se partagèrent ses biens immobiliers. mais ce partage ne fut inscrit dans le registre foncier que le 19 Décembre 1726 . Hans et Heinrich Schaufelberger recevaient les maisons à Niederhaus et les biens qui en faisaient partie; tandis qu'à Jakob Schaufelberger (5) revenaient les biens suivants, situés à Schaufelberg stricto sensu :
1. Maison et cour, avec jardin potager et chènevière, de même prairie attenante de 6 jucharts, situé côte à côte sur Schaufelberg et touchant : 1. La maison et le jardin de Hans Schaufelberger, 2. Les prairies Langwiese et Haldenwiese, 3. La route cantonale; 2. Une maison avec sa grange, touchant l'étable de Hans Ulrich Halbheer à Lee et la Rych ou route cantonale; 3. 10 journaux de prairies appelée Oberweisen et 80 jucharts de champs et de prairies y compris étendues de roseaux et de fougères pour litière situés côte à côte et touchant : 1. La route cantonale, 2. la prairie de son frère Heinrich Schaufelberger, 3. l'alpage de son frère, 4. L'Egg de Gyrenbad de Marx Knecht, 5. La prairie de Hans Pfenninger de Gyrenbad, 6. Les bois de Gyrenbad, 7. Wallmen et Oberwiesen de Hans Ulrich Halbheer; 4. 12 journaux de prairies appelées Mooswiesen, comprenant une demi grange; 5. 3 jucharts de bois à Heiterholz; 6. 10 jucharts de bois à Altenwald; 8. Une parcelle de fougères pour litière dans la prairie d'Amslen de Heinrich Hess.
Le 29 Octobre 1734, Jakob Schaufelberger (5) vendit à Johannes Ryser de Fischenthal la maison et la cour nommées en 1, avec un appentis et toutes ses dépendances, un jardin potager et deux petites chènevières incluses dans les prairies du vendeur, C'est l'actuelle maison num. ass. 12. Lors du partage de 1710/1726, la maison de Hans Schaufelberger est donnée comme mitoyenne, lors de la vente de 1734, celle de Walti Schaufelberger. Hans Schaufelberger est bien le frère de Jakob (5) né en 1672, Walti Schaufelberger son fils, né en 1708. La maison mitoyenne est l'actuelle maison num. ass. 13.
La maison et la grange nommées en 2 sont l'actuelle maison num. ass. 15 de Jean Schaufelberger-Diggelmann, nommée ici pour la première fois. La grange mitoyenne appartenait aux Halbheer jusqu'au début du 20ème siècle et fut acquise en 1902 par Heinrich Schaufelberger (14).
Mais qu'en est-il de l'actuelle maison num. ass. 11 ou de celle qui l'a précédée ? D'après nos hypothèses précédentes, elle se serait trouvée parmi les propriétés immobilières vendues le 21 Avril 1693 par Hans Ulrich Schaufelberger (3) à Heinrich Schaufelberger (5). Mais elle n'apparaît pas dans le partage effectué par ses fils. On ne peut pas croire qu'elle a été vendue entre 1693 et 1726, car on ne trouve aucune trace d'un tel contrat de vente. Il est par contre possible que cette maison n'ait tout simplement plus existé lors du partage de 1710/1726. La maison de Hans Ulrich Schaufelberger (3) en effet se trouve "sous un même faîte et toit" que la maison d'origine des Brändli qui passa plus tard aux Halbheer, et de ceux-ci à l'hôpital de Winterthur. Sur le contrat de vente du 10 Juin 1691, par lequel l'hôpital de Winterthur a acquis la maison de Johannes Halbheer, est portée d'une autre main l'annotation en marge : "la maison est en ruine". il est donc très vraisemblable que la maison attenante de Hans Heinrich Schaufelberger ait subi le même sort. Cela correspondrait au fait que l'actuelle maison num. ass. 11 ait été désignée, lors du partage à venir de 1803/1822, comme "nouvellement construite".
La propriété de Jakob Schaufelberger (5) fut héritée par son fils Hans Jakob Schaufelberger (6), né en 1711, marié avec Elsbeth Schoch. Lorsqu'il mourut en 1752, âgé seulement de quarante et un ans, il laissait, en dehors de sa fille Anna, née en 1749, deux jeunes enfants de un et deux ans, Hans Jakob (7) né en 1750 et Hans Heinrich (8) né en 1751. Le tuteur de ces enfants, le capitaine et juge de paix Weber de Hadlikon, acheta pour eux le 8 Décembre 1761, à la vente aux enchères publiques de Jakob Halbheer, 12 journaux de Mooswiese avec la grange qui s'y trouvait . Le 19 Janvier 1771, les deux fils achetèrent pour 765 florins la part de l'héritage paternel et maternel de leur sœur Anna Zollinger-Schaufelberger, et devinrent ainsi les seuls propriétaires du bien. Le 14 Mars 1783/13 Août 1784, ils l'agrandirent encore, en achetant à Jakob Brunner une demi grange, 71/2 journaux de Hinterwiese et une prairie pour 6 têtes de bétail à Giessrain, 3 jucharts de bois à Leeholz et une parcelle de fougères pour litière .
En 1803, Hans Jakob (7) et Hans Heinrich (8) partagèrent la propriété qu'ils avaient jusque là possédée en commun. Ce partage ne fut également inscrit dans les registres fonciers que presque vingt ans plus tard, lorsque l'intention de Hans Jakob, alors âgé de plus de 70 ans, de transmettre sa part à ses fils rendit cela nécessaire. Lors de ce partage, Hans Jakob Schaufelberger (7) reçut :
1. Une maison double, nouvellement construite pour deux habitations, assurée pour 800 florins sous le num. ass. 174 (aujourd'hui num. ass. 11); 2. 12 journaux de Mooswiese avec une demi grange; 3. 30 jucharts de prairie au dessus d'Oberwiese; 4. 3 jucharts de bois dans le bas d'Heiterholz; 5. 5 jucharts de bois à Altenwald; 6. 71/2 journaux de prairies nommées Hinterwiesen; 7. Un pâturage de six têtes de bétail, appelé Giessrain, avec une grange; 8. 3 parcelles de fougères pour litière.
Hans Jakob Schaufelberger (7) possédait en plus de ces biens hérités de son père, d'autres biens qu'il avait acquis le 17 Décembre 1812/26 Mars 1813 des héritiers de Heinrich Schaufelberger de Niederhaus , à savoir :
1. Une maison pour deux habitations num. ass. 190, avec une grange num. ass. 180 non loin de la maison, c'est à dire la maison détruite en 1927 entre Schaufelberg et Auen sur la commune de Fischenthal; 2. 26 journaux de prairies, Wässerwiese et Langwiese, comprenant le Riet; 3. 18 jucharts de champs et de pâturages comprenant un bois, nommé Giessrain; 4. 30 jucharts de champs et de pâturages comprenant un bois, nommé Oberberg; 5. 5 jucharts de bois à Altenwald; 6. 2 jucharts de bois à Heiterholz.
Le 6 Novembre 1821/6 Février 1822, Hans Jakob Schaufelberger (7) céda toutes ses propriétés, aussi bien celles qui lui étaient revenues du partage avec son frère Hans Heinrich (8) que celles qu'il avait achetées aux héritiers de Heinrich Schaufelberger à Niederhausen, aux deux fils qu'il avait eu de son mariage avec Anna Maria Brunner, Hans Jakob (9) né en 1783 et Kaspar (10) né en 1784 . Peu après, à savoir le 13 Décembre 1821/30 Avril 1822, les deux frères se partagèrent les biens hérités de leur père Hans Jakob (7) et de leur grand-père maternel Jakob Brunner . (Hans) Jakob Schaufelberger (9) reçut :
1. La maison héritée de leur grand-père Jakob Brunner sur Schaufelberg avec une nouvelle pièce ajoutée derrière, assurée pour 700 florins sous le num. ass. 174 D, avec le potager sous les fenêtres et une chènevière de 11/2 quart de semences (aujourd'hui num. ass. 13); 2. 5 jucharts de bois à Altenwald.
La même année, le 13 Novembre 1822, à la mort de Hans Jakob Schaufelberger (9), l'office de tutelle de Hinwil vendit aux enchères publiques pour le compte de ses héritiers la maison citée en 1 (à l'exception de la pièce qui y avait été ajoutée), le jardin potager, la chènevière et les 5 jucharts de bois à Altenwald à Heinrich Brunner (7) . Le 12 mai 1823/18 Août 1824, le juge de paix Hans Jakob Keller de Fischenthal, en tant que tuteur d'Elisabeth Schaufelberger(11), la petite fille de feu Hans Jakob (9), vendit également la "nouvelle pièce ajoutée derrière" à Heinrich Brunner .
Kaspar Schaufelberger (10) reçut, lors du partage avec son frère Hans Jakob, de loin la plus grosse partie des propriétés héritées de son père et de son grand-père maternel, sans que l'on sache la raison de ce partage inégal . Il reçut en effet :
1. Une maison double, nouvellement construite pour deux habitations, assurée pour 800 florins sous le num. ass. 174 (aujourd'hui num. ass. 11), avec un potager près de la maison et 21/2 journaux de prairie attenante; 2. 12 journaux de Mooswiese avec une demi grange; 3. 30 jucharts de prairie au dessus d'Oberwiese, avec bois et plantes à litière; 4. 3 jucharts de bois dans le bas d'Heiterholz; 5. 5 jucharts de bois à Altenwald; 6. 71/2 journaux de prairies nommées Hinterwiesen; 7. Un pâturage de six têtes de bétail, appelé Giessrain, avec une grange, bois et plantes à litière; 8. Diverses parcelles de fougères pour litière; 9. Une grange et 6 journaux de prairies sur Schaufelberg; 10. Un pâturage pour 4 têtes de bétail, nommé Allmannweid; 11. 9 jucharts de bois et de terre à Leeholz; 12. 11/4 juchart de prairies nommées Roggacker; 13. Un jardin potager à Roggacker; 14. Une laiterie située sur la prairie de Jakob Brunner; 15. Une maison pour deux habitations num. ass. 190, avec une grange num. ass. 180 non loin de la maison, (c'est à dire la maison détruite en 1927); 16. 26 journaux de prairies, Wässerwiese et Langwiese; 17. 18 jucharts de champs et de pâturages, nommé Giessrain; 18. 30 jucharts de champs et de pâturages, à Oberberg; 19. 2 jucharts de bois à Heiterholz.
Kaspar Schaufelberger (10) vendit le 19 Février 1832/3 Juillet 1833 le jardin potager de Roggacker (chiffre 13) et les 30 jucharts de champs et de pâturages à Oberberg (chiffre 18) à Heinrich Brunner (7) sur Schaufelberg .
Le 20 Août/26 Septembre 1837, il acheta par contre à Kaspar (12) et Hans Heinrich Schaufelberger (13), les fils de feu Hans Heinrich (8), 23/4 journaux Hausweiden et 1/4 de juchart de la prairie Haldenwiese (Holderweise) au delà de Brunnen
Le 14/20 Novembre 1839, Kaspar Schaufelberger (10), qui était entre-temps devenu maître des sceaux , vendit aux frères Jakob (9) et Hans Jakob Brunner (8), les fils de feu Jakob, la double maison num. ass. 174a avec la grange num. ass. 456, c'est-à-dire l'actuelle maison num. ass. 11 avec ses annexes et de nombreuses parcelles de terre, parmi lesquelles les 71/2 journaux de prairies d'Hinterwiesen, le pâturage de six têtes de bétail, appelé Giessrain, et la moitié du pâturage pour 4 têtes de bétail, nommé Allmannweid .
En même temps, le 14/20 Novembre 1839, le maître des sceaux Kaspar Schaufelberger (10) vendait aux frères Felix, Jakob, Hans Jakob, Rudolf (12), Heinrich et David Brunner 6 journaux de prairies, l'autre moitié du pâturage d'Allamnnweid et les 30 jucharts de prairies au dessus d'Oberwiese . Le 9 mai 1840/15 Juillet 1842, le maître des sceaux Kaspar Schaufelberger (10) vendit aux frères Hans Jakob (9), Kaspar (10) et Jakob Halbheer (11) de Schaufelberg :
1. Une maison pour deux habitations num. ass. 190, avec une grange num. ass. 180 non loin de la maison; 2. 23 journaux de prairies, Wässerwiese et Langwiese 3. 18 jucharts de champs et de pâturages, bois et plantes à litière, nommé Giessrain; 4. 2 jucharts de bois et terres à Heiterholz. 5. 12 journaux de Mooswiese avec une demi grange; 6. 3 jucharts de bois dans le bas d'Heiterholz; 7. 5 jucharts de bois à Altenwald;
Kaspar Halbheer de Moos acquit le 16 Avril 1841/15 Juillet 1842 de Kaspar Schaufelberger (10) 1 juchart de bois à Altenwald, la dernière parcelle qui lui restait. Le fait que Kaspar (10) ait vendu tous ses biens sur Schaufelberg est peut-être lié à la mort en 1838 de son fils Hans Jakob, né en 1811, Kaspar Schaufelberger mourut "vieux chômeur" le 20 Novembre 1845 à Gstalden-Hinwil. Avec les dernières ventes qu'il avait faites, tout le bien des descendants de Hans Jakob (7) était passé à d'autres familles, les Brunner et les Halbheer.
Revenons maintenant en arrière au partage des biens de Hans Jakob (6), survenu en 1803 (inscrit 6 Novembre 1821/6 Février 1822 ), et suivons le sort des biens attribués à Haans Heinrich Schaufelberger (8), né en 1751. C'étaient :
1. Une maison et une grange, touchant la grange des héritiers de feu Heinrich Halbheer et la route cantonale, c'est-à-dire l'actuelle maison num. ass. 15 de Jean Schaufelberger-Diggelman; 2. Un jardin devant la maison et un jardin devant la maison de Johannes Rüeggen; 3. 3 journaux de prairie attenante; 4. 10 journaux à Oberwiese; 5. 50 jucharts de champs et de prairie, nommés Hörndli et Eggweid; 6. 3 jucharts de bois à Heiterholz; 7. 5 jucharts de bois à Altenwald; 8. 12 journaux à Mooswiesen; 9. Une parcelle de fougères pour litière; 10. 3 jucharts de bois à Leeholz.
De son mariage avec Susanne Pfenninger, Hans Heinrich (8) laissa à sa mort en 1814 deux fils, Kaspar (12) né en 1807 et Hans Heinrich (13) né en 1814, ainsi que trois filles. Le 5 Décembre 1828/18 Août 1829, Kaspar (12) et Hans Heinrich (13) achetèrent à leurs sœurs Anna Barbara Kappeler-Schaufelberger, Katharina et Suzanna, encore mineures, pour 2600 florins à chacune, leur part des biens paternels , et à partir de là, ils possédèrent ensemble à deux les biens de leur père. Le 27/29 Juillet 1835, ils acquirent du conseiller municipal Hans Jakob Knecht de Senneberg-le-vieux 141/2 jucharts de prairie, nommées Haldenwiese (Holderwiese dans une servitude portée au même contrat) avec étables et fontaine, puis 281/2 jucharts de prairie à Oberberg et 41/4 jucharts de fougères pour litière . Ils revendirent les prairies d'Oberberg le 27/29 Juillet 1836 à Johannes Holder de Dürnten . Le 20 Août/26 Septembre 1837 ils vendirent 23/4 journaux de leurs 3 journaux de prairie attenante (chiffre 3 ci-dessus), et 1/4 de juchart, près de la fontaine, de la prairie Haldenwiese à Kaspar Schaufelberger (10), fils de Hans Jakob (7) .
Le 21 Août/26 Septembre 1837, ils vendirent les 12 journaux de prairie à Mooswiesen et une demi grange (chiffre 8 ci-dessus) à Hans Jakob Schaufelberger de Niederhaus . Après la mort de Kaspar (12) en 1837, Hans Heinrich Schaufelberger (13) acheta le 18 Mai/11 Juin 1839 , à ses sœurs Katharina Walder, Suzanna Spörri et Anna Barbara Schaufelberger, veuve Kappeler, leurs parts d'héritage, et devint ainsi seul propriétaire du bien. Le 30 juillet/12 Décembre 1878, Hans Heinrich Schaufelberger (13) vendit, avec l'accord de ses quatre autres enfants, la totalité de son exploitation à son fils Heinrich Schaufelberger (14), né en 1846. La propriété comprenait les parcelles suivantes :
1. Une maison et une grange, num. ass. 175a (aujourd'hui num. ass. 15), touchant la grange des frères Halbheer; 2. 2a 25 ca de jardin devant la maison; 3. Grange num. ass. 173, sur chiffre 7; 4. 5 ha 13 a (14 1/4 jucharts) de prairies nommées Haldenwiese (Holderwiese) 5. Grange num. ass. 175c sur chiffre 7; 6. Grange num. ass. 545 sur chiffre 7 7. 14 ha 40 a (50 jucharts, bien que cela ne fasse que 40) de champs et de prairie, de roseaux et de fougères pour litière, nommés Hörndli et Eggweid; 8. 2 ha 88 a (10 jucharts, en fait seulement 8) à Oberwiese; 9. 2 ha 16 a (8 jucharts, en fait seulement 6) à Eggweid; 10. 90 a (21/2 jucharts) de bois en haut à Heiterholz; 11. 1 ha 80 a (5 jucharts) de bois à Altenwald; 12. 27 a (3/4 juchart) de bois à Oberbergweid; 13. 1 ha 53 a (41/4 jucharts) de fougères pour litière à Amslen; 14. 1 ha 8 a (3/4 de juchart) de bois, nommé Leeholz; 15. 9 a (1/4 de juchart) de prairie attenante.
Le 21 et 28 Juillet 1902, Heinrich Schaufelberger (14) acheta à Adolf et Jacques Linsi, Johann Rudolf Fenner et David Ghnem, qui avaient hérité des biens de Albert Halbheer, assassiné à Noël 1901 à Neuhaus, la grange des Halbheer attenante à sa propre grange, avec 1 ha 28 a de grange, cour, jardin et prairie , ainsi que 7 ha 5 a de prairies, champs, bois et prés . Heinrich Schaufelberger (14) mourut le 2 Octobre 1917. Ses biens allèrent d'abord en indivision à sa veuve, Elise Schaufelberger-Lätsch, et ses enfants, Johannes, né en 1898 et Elisabeth, née en 1900. Le 27 Février 1924 , la mère et la sœur cédèrent la totalité de leurs droits de succession à Johannes Schaufelberger-Diggelmann (15), qui est encore aujourd'hui propriétaire de l'exploitation. Une nouvelle grange imposante construite sous la route cantonale en 1946, montre l'amour et la fierté avec lesquels tient à son héritage ce descendant d'une lignée qui depuis de nombreux siècles occupait Schaufelberg.
2. Les propriétés des Halbheer
Les Halbheer, qui occupaient l'importante ferme de Lee, mitoyenne de Schaufelberg au nord, possédaient aussi, au plus tard depuis la première moitié du 17ème siècle, des biens sur Schaufelberg. Sur un parchemin du 3 Juin 1644, le bourgmestre et le Conseil de Zurich concédèrent à Rudolf Halbheer (1) de Schaufelberg et de Lee de régler la moitié des dîmes sur le foin, les regains, les noix et les fruits sur 8 journaux à Holderwiese, 9 journaux à Mooswiese et un journal de verger pour 250 florins . Dans des reconnaissances de dette du 30 Janvier 1663, 1er Mai 1665, Saint Martin 1684, 1er Mars 1685 et 1er mai 1686 , les propriétés suivantes des Halbheer sont nommées comme mitoyennes : la maison de Rudli Halbheer sur Schaufelberg et Roggenacker en 1663; Le Holderwiese, Mooswiese et Stüssel des Halbheer en 1665; Oberwiese de Hans Jakob Halbheer en 1684 et 85; Holderwiese de Hans Jagli Halbheer à Lee, Allmannweid et Oberwiese en 1686. La maison de Rudolf Halbheer citée dans la reconnaissance de dette du 30 Janvier 1663 est nommée dans la reconnaissance de dette de la Saint Martin 1689 "la vieille maison double et cour sur Schaufelberg". Elle brûla le 1er Janvier 1849 avec d'autres maisons attenantes. Elle portait alors le num. ass. 177a.
Un autre agrandissement non négligeable des possessions des Halbheer sur Schaufelberg se produisit en 1688 par l'achat d'une partie de la ferme qui était jusqu'ici propriété de la famille Brändli. Le 14 Décembre 1688 en effet, Rudolf, Marx et Heinrich Brändli, ainsi que les enfants de leur frère décédé Hans, vendirent à Hans Jakob Halbheer (2) et ses deux fils aînés Hans Ulrich (3) et Johannes (4) leur maison sur Schaufelberg attenante à celle de Hans Ulrich Schaufelberger (3) "sous un même faîte et toit"., avec la cour, un potager et une chènevière, 5 journaux à Langwiese, une grange prés de cet emplacement au dessus de la route, 5 journaux à Oberwiese, un pâturage de huit vaches à Giessrain, un alpage touchant Amselweid et les alpages de Niederhaus et 5 jucharts de bois à Altenwald . Comme nous l'avons montré plus haut, les demeures des Brändli et de Hans Heinrich Schaufelberger (3) étaient une seule maison, probablement à l'emplacement de l'actuelle maison num. ass. 11.
Hans Jakob Halbheer (2), vraisemblablement un fils de Rudolf, mort avant le 1er Mai 1665, eut en tout sept fils. En dehors des deux que nous avons déjà nommés, ce furent Kaspar (4a), Hans Jakob (5), Hans Rudolf, Hans Heinrich et Marx. Peu après l'acquisition des biens des Brändli, et leur père étant encore en vie, ces fils reprirent et se partagèrent l'ensemble des propriétés immobilières des Halbheer à Lee et sur Schaufelberg. On voit comment ce partage a eu lieu, d'après la nouvelle reconnaissance de dette rédigée à cette occasion et le contrat de vente qui sera rédigé plus tard, le 10 Juin 1691 . Hans Ulrich Halbheer (3) reçut l'ancienne maison à Lee (ou la maison du haut) et une partie des biens de Lee, et, en commun avec Johannes, reçut et hypothéqua d'autres parcelles à Lee. Nous trouvons Johannes Halbheer (4) en possession de parcelles à Oberwiese et Giessrain, particulièrement la moitié de maison et la cour à Schaufelberg et les biens correspondants, qu'il avait acheté avec son père et son frère Hans Ulrich aux Brändli. Les cinq plus jeunes frères, Kaspar, Hans Jakob, Hans Rudolf, Hans Heinrich et Marx reçurent des parcelles en partie à Lee et en partie sur Schaufelberg. Dans une reconnaissance de dette de la Saint Martin 1689 , ils donnaient en effet en garantie :
1. La nouvelle maison et cour à Lee, avec grange et potager, 20 journaux à Neuwies, 7 journaux à Rossriet et 100 jucharts de prairies, champs, pâturages et roseaux, nommés Auenweid et Risiweid. 2. L'ancienne maison double et sa cour sur Schaufelberg avec potager, 3 journaux de prairies nommés Roggacker, avec une laiterie et une chènevière de trois quarts de semences, le tout côte à côte, et touchant les prairies de leur frère à Oberwiese et Giessrain; plus loin, 24 journaux à Holderwiese, 3 parcelles de fougères pour litière et le tiers des bois paternels sur Schaufelberg et à Lee.
Ce partage semble pourtant n'avoir été que provisoire et des parties des propriétés hypothéquées par les cinq plus jeunes frères durent par la suite être reprises par Johannes.. Le 10 Juin 1691 , celui-ci vendit à l'hôpital de Winterthur, pour 8800 florins, 10 thalers de pourboire et un petit tonneau de vieux vin :
1. La moitié de maison mitoyenne avec celle de Hans Ulrich Schaufelberger et la cour à Schaufelberg, en outre le potager et la laiterie à Roggacker, 24 journaux à Holderweise avec grange et étable, deux étendues de fougères pour litière à Amslenweid, 4 jucharts de bois à Altenwald et 60 jucharts d'alpages, nommés Auen et Riet; 2. La nouvelle maison et cour à Lee grevée du droit d'usufruit de son père Hans Jakob Halbheer, plus loin grange et étable, potager, 20 journaux à Neuwiese, 6 journaux à Rossriet et 10 jucharts de bois à Leeholz.
Ainsi cette vente portait sur une grande partie des propriétés hypothéquées en 1689 par les cinq frères.
Le 1er Mai 1711 , Kaspar (4a) et Jakob (Hans Jakob) (5) Halbheer vendirent à Hans Schaufelberger l'alpage touchant Amslen, des prairies touchant la maison, le jardin et l'alpage de l'hôpital de Winterthur, 18 jucharts de prairies à Giessrain, 5 jucharts de bois à Altenwald et une parcelle à Blegi.
En 1717, Hans Brunner (1), l'époux de Verena Halbheer, reprit à son beau-frère Kaspar Halbheer (4a) sa part des propriétés des Halbheer . Après ces ventes à l'hôpital de Winterthur, à Hans Schaufelberger et à Hans Brunner, seul Hans Jakob Halbheer (5), fils de Hans Jakob, possédait encore des propriétés de quelque importance sur Schaufelberg .
Son fils Kaspar Halbheer (6) né en 1735 hérita de lui. Dans une reconnaissance de dette du 1er Mai 1763, Kaspar Halbheer hypothéqua au fils de feu Hans Jakob Schaufelberger (6) les propriétés suivantes :
1. Une maison, sous le même toit que la maison de Hans Brunner (c'est à dire la maison que Rudolf Halbheer possédait déjà, désignée en 1689 comme "l'ancienne maison double", maison num. ass. 177a, brûlée le 1er Janvier 1849), une parcelle de prairie, un jardin potager et une chènevière d'un quart et demi de semences, tout cela situé côte à côte sur Schaufelberg; 2. Une grange et 6 journaux de prairies sue Schaufelberg; 3. 1 juchart de champ en haut de la prairie ci-dessus; 4. Un pâturage pour 4 vaches nommé Allmannweid; 5. 9 jucharts de bois et de terre à Leeholz.
Kaspar Halbheer (6) mourut le 17 Décembre 1782, sa femme Lisabetha Kunz vivait encore en 1794. Suivant le contrat de liquidation de la succession du 23 Août 1798 , ses fils Heinrich (7), né en 1760, et Hans Erhard Halbheer (8), né en 1762, rachetèrent à leurs quatre sœurs leurs parts de l'héritage paternel et maternel, et devinrent ainsi les seuls propriétaires des propriétés décrites ci-dessus, qu'ils hypothéquèrent le jour même où la liquidation de la succession fut inscrite au registre foncier, le 28 Avril 1802, par une reconnaissance de dette au profit de Jakob et Heinrich Schaufelberger .
Heinrich Halbheer (7) était marié avec Suzanna Brunner, et laissa à sa mort son héritage à ses trois fils provenant de ce mariage, Hans Jakob (9), né en 1800, Kaspar (10), né en 1802, et Jakob (11), né en 1805. Ils possédaient donc maintenant la propriété familiale en commun avec leur oncle Hans Erhard (8), qui vécut encore jusqu'en 1818. Dans un testament du 28 Avril 1802, le jour où la liquidation évoquée ci-dessus de la succession fut inscrite au registre foncier, ce dernier avait "laissé tous ses biens immobiliers et mobiliers, sans exception, à son frère Heinrich Halbheer". Mais comme Heinrich (7) était mort avant Hans Erhard (8), et que celui-ci n'avait pas prévu de clause de substitution en cas de mort prématurée de son frère, on appliqua les dispositions légales. Les héritiers légaux de Hans Erhard (8) étaient ses quatre sœurs et les trois fils de son frère Heinrich (7), Hans Jakob, Kaspar et Jakob. Les sœurs de Hans Erhard semblent avoir été indemnisées de quelque manière car elles ne firent pas valoir leurs droits sur la propriété. L'office de tutelle de Hinwil qui eut à s'occuper de la succession de Hans Erhard, déclara explicitement qu'il reconnaissait le testament du 28 Avril 1802 - bien qu'il soit devenu en réalité sans objet par suite de la mort prématurée de Heinrich (7). Et en fait Hans Jakob (9), Kaspar (10) et Jakob (11) possédèrent sans contestation la propriété familiale pendant presque cinq décennies.
Pendant ce temps, les quatre sœurs de Hans Erhard moururent toutes. Et pendant toute cette longue période, tous les biens restèrent inscrits comme propriété indivise de Hans Heinrich (7) et Hans Erhard (8) ! Ce n'est qu'en 1867, que sur une décision du tribunal de district de Hinwil du 23 Août 1866 , elles furent attribuées à nos trois frères Hans Jakob (9), Kaspar (10) et Jakob (11).
Entre-temps, les trois frères avaient considérablement agrandi leur propriété en achetant le 9 Mai/15 Juillet 1842 au maître des sceaux Kaspar Schaufelberger (10) la nouvelle maison (num. ass. 190) sur le territoire communal de Fischenthal, la grange voisine num. ass. 180, 23 journaux à Langwiese et Wässerwiese, 18 jucharts de pâturage à Giessrain, 12 journaux à Moowiese avec une demi grange, et trois parcelles de bois faisant ensemble 10 jucharts à Heiterholz et Altenwald .L'incendie du 1er Janvier 1849 détruisit, en même temps que les maisons des Brunner num. ass. 178a et 179 ainsi que la grange 179b, leur maison num. ass. 177a, l'ancienne maison des Halbheer. Le 21 Septembre 1857/3 Avril 1858, ils vendirent de nouveau la demi grange de Mooswiese à Kaspar Schaufelberger de Niederhaus .
Lorsque le premier des trois frères, Hans Jakob (9), mourut en 1868, il légua sa part de la propriété familiale à Kaspar (10) et Jakob (11). Jakob n'avait pas d'enfants, alors que Kaspar avait deux fils de son mariage avec Elisabetha Bosshard, Albert (12), né en 1852 et Hans Jakob (13), ainsi que deux filles, Berta (14) et Lina (15). À la mort de Kaspar (10), ses quatre enfants d'une part, et son frère Jakob (11) d'autre part, possédèrent chacun une moitié idéale de la propriété familiale. Mais le 17 Avril 1869, Jakob (11) céda sa part de la propriété indivise à ses neveux Albert (12) et Hans Jakob (13) . Le 17 Novembre 1876, Berta Keller-Halbheer (14) et Lina Fischer-Halbheer (15) renoncèrent au profit de leurs frères Albert (12) et Hans Jakob (13), moyennant une somme de 10.000 Fr chacune, à tous leurs droits héréditaires et à la succession de leur père défunt Kaspar Halbheer (10) et aux successions de leur mère Elisabetha Halbheer-Bosshard et de leur oncle Jakob Halbheer (11) . Ainsi Albert (12) et Hans Jakob (13) devenaient seuls propriétaires des biens familiaux.
Hans Jakob Halbheer mourut le 2 Mars 1882, et sa femme, Anna Schaufelberger, le suivit le 4 Août de la même année. Leurs enfants encore mineurs en héritèrent, Emma (16), née en 1876, Emil (17), né en 1877 et Betta (18), née en 1879, et furent propriétaires en commun avec leur oncle Albert (12) du domaine familial.. Le 10 Janvier 1883, l'indivision fut levée et le partage eut lieu ainsi : Emma (16), Emil (17) et Betta (18) reçurent : A. Dans la commune de Fischenthal :
1. La moitié est de la maison num. ass. 449 (190 auparavant) à Neuhaus; 2. La moitié est du bâtiment de l'économat, num. ass. 631; 3. La moitié est du jardin devant la maison; 4. 4 ha 84 a 2 ca de verger, prairies, champs et bois à Giessrain; 5. 99 a 40 ca de bois et terres à Leeholz. B. Dans la commune de Hinwil : 6. Une grange non loin de la maison num. ass. 180; 7. 3 ha 81 a 30 ca d'emplacement de grange, cour, prairies et roselières nommés Wässerwiese, Langwiese et Mooswiese; 8. 69 a 90 ca (5 jucharts selon les documents) de bois et de terre à Heiterholz.
Albert Halbheer (12) reçut : A. Dans la commune de Fischenthal :
1. La moitié ouest de la maison num. ass. 449 (190 auparavant) à Neuhaus; 2. La moitié ouest du bâtiment de l'économat, num. ass. 631; 3. La moitié ouest du jardin devant la maison; B. Dans la commune de Hinwil : 4. 15 a 50 ca de Langwiese et Mooswiese; 5. 2 ha 50 a de prairies et roseaux de Langwiese et Wässerwiese; 6. 1 ha 88 a de grange, cour, jardin et prairies, en plus la grange num. ass. 177b; 7. 7 ha 5 a de prairies, champs, bois et plantes à litière plus une grange qui s'y trouve soi-disant; 8. 81 a 20 ca de bois et de terre à Altenwald.
Le 9 Avril 1887, Emma (16), Emil (17) et Berta Halbheer(18) vendirent à Heinrich Hürlimann de Auen-Fischenthal , 2 ha 52 a de prairies, champs et bois à Giessrain et à Albert Vontobel de Amslen , le reste de leurs propriétés, y compris la partie est de la maison et du jardin à Neuhaus . Albert Vontobel vendit le 20 Mai 1892 à Albert Brunner (11), fils de feu Jakob, à Schaufelberg , la partie est de la maison, de l'économat (désigné maintenant comme l'atelier de broderie) et du jardin, ainsi que 2 ha 32 a 2 ca de verger, prairies et champs à Giessrain, et le 27 Janvier 1897, au brodeur Jakob Keller de Schaufelberg , .la maison, l'atelier de broderie, le jardin et 4 a de verger à Giessrain. Après sa mort, le 1er Décembre 1999, ces propriétés furent reprises par son père Albert Keller. Au cours d'une action en récupération d'hypothèques menée contre celui-ci, elles furent rachetées aux enchères par Albert Halbheer (12) et lui furent assignées le 12 Septembre 1901 . Trois mois après qu'il fut ainsi redevenu propriétaire des bâtiments et du jardin de Niederhaus partagés en 1833, Albert Halbheer (12) fut assassiné à Noël 1901. Ses sœurs Berta Halbheer div. Keller (14), Lina Fisher-Halbheer (15) et les enfants de son frère Hans Jakob (13)décédé, Ema Rüegg-Halbheer (16), Emil Halbheer (17) et Berta Affeltranger-Halbheer (18) héritèrent de lui. Le 21 Juin 1902, elles vendirent ses propriétés à Adolf et Jacques Lisi, Johann Rudolf Fenner et David Ghnem , qui les revendirent aussitôt de la manière suivante :
Heinrich Schaufelberger (14) de feu Hans Heinrich sur Schaufelberg acquit le 21 Juin 1902 la grange num. ass. 561 (la grange des Halbheer attenante à sa maison), et 1 ha 28 a d'emplacement de grange, cour, jardin et prairies . Le 28 Juillet 1902, il acquit en outre 7 ha 5 a de prairies champs, bois et plantes à litière avec la grange num. ass. 564 .
Le 30 Juin/29 Juillet 1902, Gottfried Halbheer-Hefti de Moos acheta la appentis num. ass. 631 (auparavant le bâtiment de l'économat, puis l'atelier de broderie) et le jardin à Neuhaus, 4 a de verger à Giessrain, 15 50 ca de prairie et Roseaux à Langwiese et Wässerwiese avec la grange num. ass. 554, ainsi que 8a 20 ca de bois et de terre à Altenwald . Après sa mort, le 5 Juin 1912, ses héritiers vendirent leurs propriétés à leur co-héritier Emil Halbheer . Le 8 Mai/1er Juin 1935, le Dr. Hans Gubler de Amslen lui acheta 15 a 50 ca de Langwiese ou Mooswiese, 2 ha 50 a de Langwiese et Wässerwiese et 13 a 70 ca pour l'emplacement des bâtiments, détruits en 1927, le jardin et la prairie à Neuhaus.
3. Les propriétés de l'Hôpital de Winterthur
Le 10 Juin 1691, l'hôpital de Winterthur acheta à Johannes Halbheer (4) des biens à Schaufelberg et à Lee . La plus grande partie de ceux-ci, à savoir 60 jucharts d'alpage à Auen et à Riet se trouvait à Lee; sur Schaufelberger se trouvaient l'ancienne maison des Brändli avec cour et potager, deux parcelles de fougères pour litière dans Amslenweid, 4 jucharts de bois à Altenwald et les 24 journaux de Holderwiese avec grange et étable.
Dans son "Histoire de la ville de Winterthur", Troll donne le montant de cette transaction : 17.411 florins , cependant que dans le registre foncier le montant enregistré pour la vente du 10 Juin n'est que de 8.800 florins. Je n'ai pas pu établir si l'hôpital de Winterthur avait procédé, tout de suite avant ou après le 10 Juin, à d'autres achats sur Schaufelberger ou à Lee qui puissent justifier le prix donné par Troll, En tout cas, le fait est qu'en même temps que Johannes Halbheer, Kaspar et ses jeunes frères entrèrent en relation d'affaire avec l'hôpital de Winterthur. Le Conseil de Zurich, qui au début était très contraire à ces acquisitions prévues par Winterthur, accordèrent finalement le 1er Août 1691 à Kaspar Halbheer et à ses frère l'autorisation de vente à laquelle ils étaient soumis, afin qu'ils puissent éviter la faillite . D'après une note écrite de l'intermédiaire de Winterthur, il s'agissait des propriétés suivantes:
1. Maison et jardin potager, un verger de 2 journaux à Roggacker; 14 journaux à Unterwiese, 25 journaux à Oberwiese, 18 jucharts d'alpage, 100 jucharts de pâturages à Allmann et Giessrain, 12 jucharts d