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Editions CARÂCARA


Contributions à l'Uranologie
BERLIN S. Calvary & Co 1874
Traduction Gilles Schaufelberger

ANTON KRICHENBAUER

Directeur de Lycée, Médaille d’or pour l’Art et la Science.

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PRESENTATION

PLAN DE L'OUVRAGE

PREFACE DE L'ÉDITEUR

 

A. L'ANNÉE TROPIQUE ET L'ANNÉE NATURELLE DANS L'ILIADE

I. L'année tropique

1. m°sow oÈranÒw (le milieu du ciel, midi, l'été)

2. ±vw (Eos : l'aurore, le printemps)

3. deilh (le crépuscule, l'automne)

4. boulutÒw (le soir, le début de l'hiver)

5. de›pnon (le repas du soir, le début de l'automne)

6. ±°liow m°son oÈranÚn émfibebÆkei et oÈranÚn eisanivn (solstice d'été, solstice d'hiver)

7. kn°faw (l'obscurité, l'automne)

8. hmar et nÊj (le jour et la nuit, les deux parties de l'année)

9. Division des notions de temps

II. L'année naturelle

 

B. LA CONSTELLATION POLAIRE DANS L'ODYSSÉE

 

ANNEXES

 


 

PREFACE DE L'ÉDITEUR

 

 

« Contributions à l'Uranologie Homérique» d'A. Krichenbauer date de 1874 ; c'est une des premières études que ce savant publie quant à la datation des textes homériques. Suivront en 1877 « Les Errances de Ménélas » (« Die Irrfahrt des Menelaos ») et surtout « Les Errances d'Ulysse expliquées comme une circumnavigation de l'Afrique » (« Die Irrfahrt des Odysseus als eine Umschiffung Afrika's erklärt » ) que les éditions Caracâra ont déjà proposées à la lecture du public français (cf. Les Errances d'Ulysse) grâce à la traduction effectuée par G. Schaufelberger. La méthode qu'il emploie est en train de se constituer : dater (en se fondant sur les observations astronomiques que l'«Iliade» et l'«Odyssée» conservent) est un préliminaire à l'exploration spatiale que détecte A. Krichenbauer dans l'«Odyssée» ; cette étude préfigure, semble t-il, ce qui sera la thèse finale d'un périple autour de l'Afrique par Ulysse. Cela classe déjà cet érudit parmi ceux que l'«Odyssée» fascine plus que l'«Iliade», soit la différence entre géographes et historiens.

 

            Or les historiens, grâce aux découvertes de l'archéologie, ont gagné en considération parce qu'ils ont fait progresser les connaissances du monde homérique : il suffit d'évoquer tout ce que l'on sait des civilisations mycéniennes ; il est évident que les éléments de vie et d'organisation qu'ont trouvé les archéologues vont bien avec ce qu'en dit Homère. Seule demeure comme sujet à débat la date de rédaction de ces deux épopées (comme celle de la vie d'Homère). Il n'empêche que la méthode historique est, sur bien des points, supérieure : elle donne aux textes un arrière-plan réel et convaincant qui les déborde même (Homère n'a pu tout dire, parler de tous les objets découverts...).

 

            Cependant, les géographes, si l'on admet cette façon de les nommer, c'est-à-dire ceux qui renvoient les textes à des cartes (de la terre ou du ciel), méritent notre attention parce qu'ils ancrent les textes dans une autre sorte de réalité : celle du regard que les hommes ont du monde qui les entoure. Rien n'est plus précieux pour l'Humanité que ce rapport aux réalités physiques, que l'on songe simplement pour les hommes d'autrefois aux nécessités de l'agriculture (quand semer h) ou aux contraintes de déplacements (comment s'orienterh). Il faut savoir quelle partie du monde l'on occupe, comme il s'agit d'une curiosité intellectuelle à satisfaire. Certes, il est très difficile de reconstituer la façon de construire un espace tant l'imaginaire se mêle aux observations concrètes, les déforme ou les occulte, mais il est frappant de constater que les indications astronomiques ou géographiques ne sont jamais gratuites, voire même sont d'une exactitude scrupuleuse.

 

Tout au moins telle est la position d'A. Krichenbauer. L'«Uranologie» ou «science du ciel» (en grec «ciel» se dit «ouranos») expose que des passages de l'«Iliade» sont un regard sur les étoiles, les saisons, la succession des solstices et des équinoxes. La lecture traditionnelle voit ces indications comme des décorations poétiques, des formules récurrentes sans grande valeur, ou bien carrément n'en tient pas compte. Tout son travail réside donc dans cet effort de redonner du sens à ces notations temporelles, ce qui ne peut se faire qu'en opérant une dilatation temporelle.  A. Krichenbauer emploie, à ce sujet, soit l'expression "Jahresbedeutung", que le traducteur a choisi de rendre par "signification rapportée à l'année", soit l'expression connexe "Tagesbedeutung", " signification rapportée à la journée". Ce que A. Krichenbauer envisage, c'est de redonner aux notations temporelles leur vraie valeur (celle qui les place dans un cadre annuel : "Jahresbedeutung") et de contester une interprétation journalière "Tagesbedeutung") postérieure et obscure. Par exemple :

a) on a pris l'habitude de traduire «éos» par «aurore», là où l'auteur nous invite à considérer qu'il s'agit du «printemps» (Homère n'ajoute-t-il pas que «le jour sacré grandit» h Ne qualifie-t-il pas souvent «eos» de «celle qui naît au matin», ce qui signifie en fait le moment où le printemps commence et non une évidence redondante) ;

b) quand Homère écrit que «le soleil s'en allait vers le milieu du ciel», comment ne pas voir qu'il ne dit pas «midi» mais désigne «le solstice d'été»;

c) de même pour «jour» et «nuit» : prenons la peine de comprendre les deux moitiés de l'année (le jour ou été et la nuit ou hiver quand «l'on dételle les boeufs») et l'on saura pourquoi au chant X les guerriers endossent des vêtements de «laine crépue». Un passage comme celui-ci : "la nuit s'achève, l'aurore approche et les astres déclinent ; plus des deux tiers de la nuit sont passés, et le troisième est seul à nous rester» (Chant X) prend cet autre sens : «l'hiver s'achève, le printemps approche ; les deux tiers de l'hiver sont passés...».

 

Ce tableau résumera l'interprétation d'A. Krichenbauer: 

 

 

 

Mot grec

Tagesbedeutung ou interprétaion journalière (traditionnelle)

Jahresbedeutung ou interprétation annuelle (celle d'A. Krichenbauer)

Hêmar

Jour

Moitié lumineuse de l'an

Nux

Nuit

Moitié obscure de l'an

Eos

Aurore

Printemps (de mi-février à mi-juillet, 5 mois).

Cheimon

Hiver

Hiver (de mi-octobre à mi-février, 4 mois)

Oporê

Oporinê astêr

Eté

l'astre estival

Eté (de mi-juillet à mi-octobre, 3 mois);

Sirius

Knephas

Duseto Hêlios

Crépuscule

"le Soleil se coucha"

Automne

 Le Soleil descend

Bouluton

le fait de dételer les bœufs

C-à-d l'automne  - septembre, octobre -

Deipnon

Repas du soir

Repas d'automne

Deilos

Opse duon

 

Deilê

 "vespéral"

"se couchant tard"

 

"le soir"

"l'étoile du soir" ou Vénus au coucher héliaque en Octobre

l'hiver

hieron hêmar

"le jour sacré"

 C-à-d l'hiver

Ouranon eisanion

"montant dans le ciel"

le soleil remonte, après le solstice d'hiver

 

 

êerioi

êrigeneia

rhododactylos

krokopeplos

eosphoros

 

 

"aurorals"

"née au matin"

"au doigt de rose"

"au voile de safran"

"qui porte l'aurore"

Adjectifs connotant le  Printemps :

"printaniers"

"née au printemps"

"faisant les roses"

"là où pousse le safran"

"étoile du matin" (Vénus : cf. Deilos "étoile du soir")

Mesos ouranos

Talanta

"milieu du ciel"

"les balances"

 "solstice d'été"

"solstice d'été" (juin)

 

 

 

 

            Donner ainsi au récit plus de durée rend les événements plus probables. Le siège de Troie dure dix ans et l'on a condensé le récit d'Homère en le délimitant par la colère d'Achille alors que des parties plus anciennes visiblement rapportent un siège de plusieurs années. Si l'on adopte la position d'A. Krichenbauer, il s'ensuit qu'un travail de recomposition littéraire a eu lieu, qui opéra cette condensation temporelle du récit de façon, sans doute, à faire ressortir l'urgence épique, cette tension extrême ou dynamisme engendrant toute épopée.

 

            Mais de plus, l'Uranologie apporte à ces événements antiques l'avantage d'une datation vérifiable. Regarder le ciel, désigner les positions des étoiles à certains moments de l'année (solstices, ou équinoxes), voilà qui peut aider à dater, sinon la rédaction du texte, du moins l'époque dont il narre les événements. Deux passages, l'un pris à l'«Iliade» (chant XVIII 486-490), l'autre à l'«Odyssée «(chant V 270-280), assez semblables, donnent lieu à une analyse astronomique experte. Il s'agit de la Grande Ourse qui «épie Orion» et qui «est seule à ne pas se baigner dans l'Océan», des Pléïades, du Bouvier «tard couché». Ulysse se servira de telles indications fournies par Calypso pour rentrer à Ithaque, ce qui prouve leur caractère d'instructions nautiques sûres. Toute la science d'A. Krichenbauer alors se déploie. Faisons d'abord ce bref rappel de ce que l'on nomme la précession des équinoxes : la rotation de la terre sur elle même produit un déplacement rétrograde d'un degré tous les 72 ans par rapport au point vernal ( c'est le point qui indique le printemps sur l'ellipse qu'elle décrit par rapport au soleil). La conséquence majeure en est que le ciel nocturne se modifie pour l'observateur humain. Quand nous voyons dans la Petite Ourse l'étoile polaire indiquant le Nord, nous devons comprendre que c'est une situation momentanée (en 4100 ce sera k de Céphée qui indiquera le Nord, comme en 1275 av J-C c'était a de la Grande Ourse).

 

            A. Krichenbauer conçoit que la Grande Ourse servait donc de constellation indiquant le Nord et comme Homère indique aussi les Pléiades et le Bouvier, deux autres constellations l'une à l'opposé de l'autre, A. Krichenbauer en déduit par un calcul astronomique s'appuyant sur la position de ces constellations, que le méridien passait entre a et b de la Grande Ourse. Cela est largement suffisant pour dater l'épisode à environ 1300 avant J-C. Cette proposition est fort plausible et les demandes de vérification que nous avons pu demander auprès d'astronomes confirmés ont été positives. Le ciel en ces lointaines années avait cette configuration, même si les Grecs de l'âge classique avaient oublié ce qu'il en était, de même que nos contemporains ont oublié de se servir de ces indications quand ils lisent de tels passages. L'uranologie nous apprend ainsi à relire les textes antiques et à considérer que les positions des astres ne sont en rien gratuites mais correspondent à un savoir ancien fait d'observations justes.

 

            On lira, en outre, l'interprétation d'un passage obscur de l'«Iliade » (Chant XXI 234 : « jusqu'à l'heure où arrive le soir - «deielos» - qui tombe tard et couvre d'ombre la terre fertile»). L'auteur fait remarquer que ce vers est une lapalissade (le soir apporte l'ombre, le soir se couche tard), à moins qu'on ne voie qu'il s'agit de l'étoile du matin, à savoir la planète Vénus, dont le vers traduit le coucher héliaque (tard dans l'année - vers la fin du mois d'Octobre -, elle se couche après le coucher du soleil) et la luminosité suffisante pour produire des ombres (elle a un éclat 3000 fois inférieur à celui de la lune mais suffisant pour créer des ombres : c'est le seul astre à pouvoir le faire, hormis la lune).

 

            Que penser de l'Uranologie en tant que discipline h Le terme n'a pas survécu à son auteur ; de nos jours l'on parle d' «archéoastronomie». Mais si l'archéobotanique a acquis ses lettres de noblesse, l'archéoastronomie qui s'est surtout appliquée aux constructions mégalithiques (Stonehenge, pyramides mayas...) paraît encore objet de méfiance de la part de la communauté scientifique en raison d'un ésotérisme patent. Quelques ouvrages font cependant déjà référence. Citons McGraw-Hill («Echoes of the Ancient skies»Harper & Row, New York, 1983 ; Kenneth Brecher et Michael Freitag, «Astronomy of the Ancients», MIT Press, Cambridge, 1979 ; John Mitchell, «A Little History of Astro-Archeology», Thames & Hudson, London, 1977 : Rudolf Drössler, «Als die Sterne Götter waren. Sonne, Mond und Sterne im Spiegel von Archaölogie, Kunst und Kult»Leipzig, 1976. Il y a sans doute beaucoup à attendre de cette nouvelle branche de l' archéologie quant à l'étude des textes anciens même si l'architecture domine encore dans la constitution de cette discipline. Il ressort dans tous les cas de figure que l'homme a su observer le ciel, s'en servir pour s'orienter dans l'espace et dans le temps, et surtout qu'il a cherché à le faire avec le maximum de précision qu'il pouvait. Il y a encore dans la démarche d'A. Krichenbauer d'évidents éléments novateurs.

 

 N. B. :

Nous avons fait précéder les différentes parties d'un résumé des propositions; les traductions utilisées sont celle d'E. Lasserre pour l'«Iliade»et celle de Ph. Jacottet pour l'«Odyssée». Des cartes du ciel sont données en annexes.


 

A. L'ANNÉE TROPIQUE ET L'ANNÉE NATURELLE DANS L'ILIADE

I. L'année tropique

Nos recherches sur Sirius ne nous ont pas seulement donné pour résultat que les anciens Grecs avaient une année déterminée par les levers héliaques de Sirius, l'année de Sirius, mais nous aussi ont mis sur une route qui nous permet également de tirer des conclusions sur leur connaissance de l'année solaire. En effet l'attribut leloum°now …keano›o, (lélouménos okeanoio : "se baignant dans l'océan"), pris dans son sens propre, montre que cela ne se rapportait pas à une période journalière, mais à une période annuelle[1] dans le cours de cette étoile ; cela ne désignait pas le lever quotidien de Sirius, mais un lever qui ne se produisait qu'une fois l'an, un lever le matin, son lever héliaque[2].

Apparaissent dans l'Iliade, à coté de ¶tow (étos : "année"), eniautÒw (éniautos : "durée d'une année") et mÆn ( mên ; "mois"), une série d'indications temporelles, qui sont toutes interprétées aujourd'hui dans leur sens rapporté à la journée ; il est de notre propos de montrer qu'à certains endroits ces expressions doivent être interprétées dans un sens rapporté à l'année.

Ces indications temporelles sont de deux sortes : les unes sont des expressions simples tirées de la vie quotidienne, comme hmar, (hémar : "jour"), nÊj ,(nux : "nuit"), kn°faw, (knéphas : "crépuscule") deilh, (deilê : "après midi") , ±vw (eos : "aurore"), boulutÒw,(boulutos :"soir"), de›pnon, (deipnon : "repas"), les autres sont développées emphatiquement sur des vers entiers, comme Il. VIII, 1 :

±vw  m¢n krokÒpeplow §kidnato pçsan §p' a‰an.

L'aurore au voile de safran se répandait sur toute la terre

ou Il. VII, 421 :

      ±°liow m¢n ¶peita n°on pros°ballen éroÊraw

      §j ékalarreitao bayurrÒou ÉVkeano›o

      oÈranÚn ehsanivn:

Le soleil frappait depuis peu les champs,

étant sorti du cours paisible et profond de l'Océan

pour monter dans le ciel,

et également dans les trois passages Il. VIII, 66; XI, 84; XVI, 777 qui ont souvent donné lieu à un luxe d'érudition; en plus de mesÚn oÈranÚn émfibebÆkei,(mesos ouranos amphibébêkei : " [quand le soleil] fut arrivé au milieu du ciel", on y trouve tout une série d'expressions temporelles complexes.

Que leur sens se rapporte à l'année, se trahit de trois manières : par le fait qu'elles sont reliées à d'autres indications temporelles qui doivent sans aucun doute être rapportées à l'année, par des attributs dont on n'a pas jusqu'ici compris la signification, ou par le sens des passages où elles apparaissent.

Avant de parler de l'année tropique ou de l'année naturelle, nous devons vérifier ces indications temporelles dans ces trois directions et les définir.


1. m°sow oÈranÒw

 

{Résumé des propositions : quand "le soleil est au milieu du ciel", m°sow oÈranÒw, cela signifie généralement "à midi". Mais dans le passage ci-dessous, la présence de la Balance semble  bien indiquer qu'il faille prendre cette expression dans un sens astronomique : on est alors au solstice d'été. NdE}

 

ˆfra m¢n hvw hn ka‹ é°jeto herÚn hmar,Il. VIII, 66

      tÒfra mãl' émfot°rvn b°le' ¥pteto, p›pte d¢ laÒw.

      hmow d' ±°liow m°son oÈranÚn émfibebÆkei.

      ka‹ tÒte dØ xrÊseia patØr §titaine tãlanta:

      §n d' §tiyei dÊo k8re tanhleg°ow yanãtoio 70

      Trvvn y' hppodãmvn ka‹ ÉAxai«n xalkoxitvnvn.

      ßlke d¢ m°ssa labvn: =°pe d' a‡simon hmar ÉAxai«n.

      a„ m¢n ÉAxai«n k8rew §p‹ xyon‹ pouluboteirh

      •z°syhn, Trvvn d¢ prÚw oÈranÚn eÈrÁn êeryen:

Tant que dura l'aurore (Kr. le printemps) et que grandit le jour sacré,

des deux cotés les traits portèrent et les troupes tombaient.

Mais quand le soleil fut arrivé au milieu du ciel,

le père des dieux étendit ses balances d'or.

Il y plaça deux sorts de la mort qui couche l'homme,

celui des Troyens dompteurs de chevaux, celui des Achéens vêtus de bronze.

Il souleva le fléau par le milieu ; alors s'éleva le jour fatal des Achéens;

[Le sort des Achéens vers la terre nourricière descendit,

celui des Troyens s'éleva vers le vaste ciel,]

 

Ce qui nous amène à interpréter ce passage dans un sens rapporté à l'année et non pas dans un sens rapporté à la journée, c'est l'indice tãlanton (talanton : "balance"); nous reconnaissons dans cette expression une manière de désigner la constellation de la Balance dans le ciel, à trois périodes : m§ssa labhn (messa labon :"ayant pris le milieu [du fléau]), sa culmination à partir du 21 juin ; Il. XIX, 223, klinh+si (klinêsi : "[après que Zeus] a incliné [la balance]"), sa position dans le ciel du sud ouest, sa descente vers son coucher à la période des récoltes, depuis le 21 juillet ; §z°syhn (ezesthên : "[le sort des Achéens] descendit"), sa position à partir du 21 août, sa chute jusqu'à l'horizon. Nous trouvons le sens de cette Balance en prenant l'époque où le soleil se trouvait dans cette constellation au moment de l'équinoxe d'automne, comme le dit notre expression, le 23 septembre; c'était le cas entre 2286 et 742 av. J.C. En relation avec cette constellation de la Balance, mesÚn oÈranÚn (meson ouranon  : "au milieu du ciel"), ne peut pas signifier "à midi", parce qu'à midi aucune constellation n'est visible et parce que nous savons qu'à la période décrite la Balance est visible le soir. Le sens rapporté à l'année de tãlanton, (talanton : "balance"), demande expressément un sens également rapporté à l'année pour mesÚn oÈranÚn , (meson ouranon) "au milieu du ciel" : au solstice d'été.

Ce passage VIII, 66-74, est particulièrement riche en enseignements, car il nous montre comment les anciennes relations ont été placées de manière absurde les unes derrière les autres par les poètes postérieurs, soit parce qu'ils ne les comprenaient plus eux-mêmes, soit parce qu'ils ne pouvaient plus compter être compris par leurs auditeurs, et n'avaient donc plus à se préoccuper d'objections soulevées par des contradicteurs.

Je suis persuadé que les mots ßlke d¢ m°ssa labvn:,(elke de messa labon: " il souleva le fléau par le milieu"), viennent immédiatement après VIII, 69, §titaine tãlanta,(etitaine talanta :" étendit ses balances"), et que les vers restants de VIII, 70, §n d' §tiyei, (en d'etithei : "il y plaça [deux sorts]"), à VIII. 74, eÈrÁn êeryen (eurun aerthen :"[le jour fatal ]s'éleva vers le ciel"), ne sont qu'un ajout épique qui contient la deuxième position de la Balance. Lorsque nous expliquerons les scènes se rapportant aux dieux, des occasions se présenteront de montrer des analogies avec ce procédé, qui consiste à diviser le vers et à en utiliser au hasard les moitiés.

En Il. XVI, 658, on dit d'Hector quand il se prépare à fuir : gn« gèr DiÚw Âra tãlanta, (gno gar dios hiera talanta : "car il reconnaissait de Zeus les balances sacrées") : nous voyons ici la raison pour laquelle ces expressions astronomiques n'étaient plus comprises par le peuple. Hector et les personnes de son entourage, généraux, rois et peut-être prêtres, étaient initiés à l'astronomie, et la pratiquaient également. Hector, qui reconnaissait à la position de la Balance dans le ciel la direction à prendre, rappelle Wallenstein qui lisait son destin dans les étoiles.

Cette sorte de poésie, poésie des initiés, des érudits, devait être étrangère au peuple, le poète postérieur pouvait donc, pour atteindre ses buts, placer l'un à coté de l'autre deux passages décrivant deux périodes différentes de la Balance.

Les autres passages de l'Iliade où la Balance est nommée ne contiennent que des comparaisons avec la balance ordinaire : XXII, 209,

 

patØr §titaine tãlanta

alors le père étendit ses balances d'or,

 

où Zeus pèse le destin d'Hector et d'Achille; XII, 432,

 

     éll' ¶xon Àw te tãlanta gunØ xern8tiw élhyÆw

ils restaient comme la balance d'une ouvrière honnête,

 

contient une métaphore : le combat est en équilibre comme les plateaux de la balance.

2. ±vw (eos)

{Résumé des propositions : ±vw (eos) est bien l'aurore mais un peu plus aussi. De même que ±°riai dans le passage ci-dessous peut être le printemps, ±vw (eos) peut aussi désigner le printemps ou l'équinoxe de printemps. NdE]

 

±@te per klaggØ gerãnvn p°lei oÈranÒyi prÒ: Il. III, 3

a· t' §pe‹ oOn xeim«na fÊgon ka‹ éy°sfaton ˆmbron

      klaggª tai ge p°tontai §p' »keano›o =oãvn 5

éndrãsi Pugmaioisi fÒnon ka‹ khra f°rousai:

      ±°riai d' êra tai ge kakØn ¶rida prof°rontai.

ainsi crient les grues sous le ciel,

quand, fuyant l'hiver et les pluies incessantes,

en criant elles volent vers le cours de l'Océan

portant aux Pygmées le meurtre et la mort.

Dans la brume (Kr. "printanières"), elles portent devant elles la discorde mauvaise.

 

±vw (êos) désigne indiscutablement le soleil à son lever. Mais est-ce la seule signification h Est-ce qu'±vw (eos)peut n'avoir de sens que rapporté à la journée h Le passage ci-dessus nous renseigne sur ce point

Les grues migrent pour éviter l'hiver, noté comme on le verra par dÊvn (duon : "se couchant") à coté de Ùc¢ (opse : "tard"), et ses pluies incessantes, et, comme tous les oiseaux migrateurs, elles migrent vers le sud avant le début de la mauvaise saison, ici xeimvn (l'hiver); là, elles arrivent ±°riai (êeriai : "matinales"). On traduit : "elles arrivent tot le matin". Mais c'est une image totalement vide, qui ne dit rien. Peut-être les oiseaux migrateurs ne volent-ils que la nuit h Pour avoir quand même une image, on traduit : "elles viennent du ciel et elles commencent à se battre avec les Pygmées"; on fait des Pygmées, qui sont pourtant appelés explicitement hommes dans l'épopée, éndrew Pugma›oi (andres pugmaioi : "les hommes Pygmées") des farfadets et on leur fait mener un combat aérien avec les grues. Ne peut on pas dire dés le départ qu'une telle image est impossible chez Homère, qu'elle est invraisemblable h Il est pourtant facile de comprendre que les oiseaux, quand ils quittent un pays à la mauvaise saison, lorsqu'ils n'y trouvent plus assez de nourriture et de chaleur, migrent vers un pays où il fait chaud et où ils trouvent de la nourriture, et que cela est dit avec ±°riai (êeriai : printanières), vers un pays où l'on sème ou où les semences germent, en un mot où c'est le printemps. Nous avons maintenant une image qui tient debout : le grues traversent la mer vers le sud et se posent au pays des Pygmées où c'est le printemps et où elles causent un grand dommage aux semences, de sorte que les gens doivent les défendre de toutes leurs forces. Quel est donc le pays où le printemps commence quand l'hiver s'installe en Asie Mineure h Nous savons bien que, quand l'automne commence à 40° de latitude nord, à 40° de latitude sud le printemps commence, mais il est difficile d'admettre que les oiseaux migrent sur une distance de 80 ° de latitude en traversant l'équateur. Ce pays doit donc se trouver de ce coté de l'équateur. Mais nous savons aussi que dans la zone des tropiques, la pluie suit le soleil au temps de l'équinoxe d'automne et que, quand le soleil se tourne vers le sud, au nord de l'équateur la pluie cesse et commence la saison sèche, le temps sec, un printemps. Depuis l'Asie Mineure, les oiseaux doivent donc arriver fin septembre, début octobre aussi bien en Inde qu'en Égypte, au temps des semailles, du printemps aussi; selon nos expressions scientifiques actuelles, on appelle cette saison le "second été". Que la direction de leur vol n'ait pas été SE, vers l'Inde, mais SO, vers l'Égypte, vers l'Afrique, une deuxième comparaison en Il. II, 462, nous l'apprend; elle dit explicitement que ces oiseaux migrateurs se posent sur la cote ouest de l'Asie Mineure, tant à leur départ qu'à leur arrivée, Ka#striou émf‹ =°eyra (Kaustriou amphi reethra : "sur le cours du Caystre"). Les Pygmées sont donc à chercher en Afrique. Et c'est là que les placent aussi bien Aristote (Historia animalium VIII, 12 "Les migrations des animaux" : "elles se transportent à la source du Nil…on dit qu'elles s'en prennent aux Pygmées…c'est un genre d'hommes petits") qu'Hérodote (II, 12) : le premier aux sources du Nil, le second à l'intérieur de l'Afrique. Aujourd'hui encore, les oiseaux migrateurs suivent la même course; car tous nos oiseaux migrateurs nordiques se retrouvent en Nubie à l'époque de notre hiver; et encore aujourd'hui on trouve des Pygmées dans ces parages. Le Dr. Schweinfuhrt, un explorateur de l'Afrique, rapporte les avoir vus alors qu'il se trouvait chez le roi des Mombutto, Munsa (3 à 4° latitude nord, 28 à 29° longitude est du méridien de Greenwich) : ils étaient considérés comme des nains; ils mesuraient 4 pieds 1/2. La tribu Aka habitait à 1-2° de latitude sud, mais il est possible qu'ils aient été repoussés plus au sud aujourd'hui. Quoiqu'il en soit, on voit bien que la migration des oiseaux à l'intérieur de l'Afrique, ainsi que les races humaines qui y habitaient sont rendues par Homère conformément à la réalité. Les Pygmées devaient avoir acquis une telle réputation à cause de leur petite taille que les évoquer revenait à désigner le lieu où ils étaient, éndrew Pugma›oi (andres pugmaioi : "les hommes Pygmées") un peuple réel, de petite taille certes, mais pas des farfadets ou des lilliputiens, ni des singes, ni une représentation symbolique des seize aunes des sources du Nil, ni tout autre interprétation qu'on a pu en donner. Il ne faut pas s'étonner que l'Iliade fasse preuve de connaissances géographiques si étendues, car les Grecs étaient en relation commerciales avec les Égyptiens.

±°riow (hêerios) prend ainsi sa signification : "au printemps". Donc ±vw (eos) doit aussi signifier le printemps. Buchholz montre que ce passage signifie que les oiseaux migrateurs saccageaient les champs africains (Hom. Kosmgr. 375), mais il n'en tire pas la conclusion que, par suite de cela, ±vw (eow :eos) avait le sens de printemps. Dans ce passage, nous reconnaissons aussi ±°riai (êeriai)dans le sens de eharina‹ (earinai : "le printemps); le contraire de xeimvn (cheimon : "l'hiver"); et ainsi ±vw (eow :eos), comme ¶ar (éap) est le printemps de la nature, la période où la nature s'éveille, ce qui, en Asie Mineure, peut se produire dès Février.

Mais en Il. VIII, 66, ±vw  (eos) est le printemps astronomique, le 21 mars : tãlanton (talanton) et mesÚn oÈranÚn (meson ouranon) sont donc des expressions astronomiques qui désignent le 21 juin, et par suite, ±vw (eos) doit être compris comme une expression astronomique. En Il. XI, 84, on trouve la même forme, ˆfra m¢n ±Viw Vin, (ophra men eos ên : "tant que dura l'aurore"/"le printemps") , en relation avec de›pnon (deipnon : "repas"), une expression tirée de la langue courante, et cela montre bien que ±vw (eos) et ¶ar n'ont pas un sens très différent.

Dans les scènes se rapportant aux dieux, que nous n'expliquerons pas ici, le sens astronomique d'±vw (eow) comme équinoxe de printemps apparaît de la façon la plus claire. Le passage principal, que l'on peut déjà expliquer, est Il. VIII, 1, ±vw  m¢n krokÒpeplow §kidnato pçsan §p' a‰an, (eos men krokopeplos ekidnato pâsan ep'aian" : "l'aurore au voile de safran se répandait sur toute la terre"), où je ne considère pas pçsan (pâsan) comme un attribut vide, mais où je considère qu'il indique avec force qu'Eos répand sa lumière sur toute la terre. Conformément à la nature, si l'on se représente toute la terre éclairée, cela ne peut être que le moment où la nuit et le jour ont une durée égale partout, l'équinoxe de printemps. Que l'on compare avec ce que Poséidon dit à Zeus en Il. VII, 451 :

toË d' =toi kl°ow ¶stai vson t' §pikidnatai ±vw:

toË d' §pilÆsontai Út §gv ka‹ Fo›bow ÉApÒllvn

      ¥rƒ Laom°donti polissamen éylÆsante.

Le mur que j'ai bâti avec Apollon

pour le héros Laomédon sera maintenant oublié :

 [- Il. VII- 449- …avec celui que bâtissent maintenant les Achéens…]

leur renommée s'étendra aussi loin qu'Eos se répand

c'est à dire aussi loin que s'étend la terre, sur toute la terre, car seule

 ±vw  §kidnato pçsan §p' a‰an,

Eos se répand sur toute la terre,

pas ¥liow, (hêlios : "le soleil").

Je voudrais encore éclairer cette interprétation d'un exemple.

La formule hmow d' ±rig°neia fanh rododaktulow (Emos d'êrigeneia phanê rhododaktulos)  a été jusqu'ici traduite dans son sens rapporté à la journée : "Quand Eos aux doigts de rose apparaît au matin" (Widasch.). Cette Eos, personne ne peut se la représenter : ±rig°neia (êrigeneia) ne représente rien, car le soleil ne se lève jamais à un autre moment qu'au matin, rododaktulow (rhododactulos) est complètement incompréhensible. Que signifient des doigts de rose pour le soleil h Mais il nous reste la possibilité de saisir ±vw (eos) dans son sens rapporté à l'année : si ±vw  (eos) est le soleil du printemps, alors ±rig°neia prend sens; c'est un épithète qui permet de différencier le lever du soleil (fanh : phanê) au printemps du lever de soleil quotidien; ±rig°neia (êrigeneia) comme ±vw (eos) sont des notations dont le sens se rapporte à l'année : "Quand le soleil apparaît au printemps". rododaktulow (rhododactulos) nous apprend en outre que non seulement on peut, mais qu'on doit comprendre ainsi ces mots. Il est clair que l'expression "aux doigts de rose" ne provient pas de ce que l'on voit; on peut regarder indéfiniment le soleil se lever, personne n'aura l'idée de parler de "doigts de rose", personne du reste ne sait ce que c'est. Et même "la preneuse de roses", comme l'explique Jordan[3] ne donne pas une image : on ne peut se la représenter.

Mais si nous rapportons le sens de rododaktulow (rhododactulos) à l'année, sa vraie signification saute aux yeux.

Les roses ne se rapportent jamais au soleil, mais à la terre, et jamais au printemps naissant, mais à des périodes plus chaudes. On en déduit qu'Eos ici ne se rapporte pas au réveil de la nature, au printemps naturel, mais au printemps astronomique, à l'équinoxe. L'image ne concerne pas le soleil, mais la terre, et cela à la période de l'équinoxe. L'étymologie du mot nous devient alors claire : =Òdon, (rhodon :"la rose") ; daktulow (dactulos) une forme secondaire de digitus, d'après Curtius, et ce mot nous conduit à deiknumi, (deiknumi) de la racine dik. (dik)  deiknumi ne signifie pas seulement "montrer, indiquer", mais aussi "montrer, faire apparaître", et même "faire" pour un artiste.

 yeÚw Øm›n deËje t°raw. Od. III, 174

le dieu nous donna un signe

et aussi Il. XII, 244

tipte sÁ deidoikaw pÒlemon ka‹ dhÛot8ta;

Pourquoi redoutes-tu la guerre et le carnage h

et

·n' §laiaw pr«ton ¶deije kladon 'AyÆna. Eur. Tr. 799

là où Athéna fait pousser le premier rameau d'olivier.

Feidiaw ¶deije tÚn Dia

Phidias fit ce Zeus.

daktulow signifie ainsi aussi bien "celui qui montre" que "celui qui fait" ou "celui qui fait apparaître", et rododaktulow ±vw  (rhododaktulos eos) est "Eos qui fait apparaître les roses". Ainsi : " Lorsqu'Eos se levait au printemps, faisant naître les roses", est une manière simple de s'exprimer, qui correspond bien à la saison et à l'endroit.

Mais Eos ne fait pas naître des roses tous les jours, mais une fois par an, lorsqu'elle est ±rig°neia (êrigeneia),  et elle ne les fait pas naître partout, mais dans un pays déterminé. Ce n'est pas le cas ici de discuter dans quel pays les roses fleurissent à l'équinoxe. Qu'il suffise de savoir que c'est vraiment le cas dans les pays du sud; en Égypte, par exemple, les roses fleurissent dès janvier-février. Au Fayoum, les roses sont cultivées à grande échelle pour la fabrication de l'eau de rose et de l'essence de rose; là, la récolte se fait déjà en janvier et février[4]. Dans le sud de l'Espagne, à Grenade, sur la cote, les forêts, les amandiers, les myrtes, les lauriers, sont déjà en pleine floraison en milieu janvier; à Lorca, on moissonne le maïs dès fin avril, autour de Murcie et de Grenade, les moissons sont déjà terminées au milieu de mai[5]. Ce vers est le résultat d'une impression : la floraison des roses à la période de l'équinoxe dans un pays du sud; mais sa vraie place d'origine est l'Odyssée, pas l'Iliade. Il avait alors un sens rapporté à l'année, mais il a pris un sens rapporté à la journée, et est devenu un beau vers commode, réutilisable à volonté comme une jolie formule. Cette transformation s'appuie sur trois mots : ±vw,  ±rig°neia et rododaktulow (eos, êrigeneia, rhododaktulos)

Il pourrait sembler que krokÒpeplow (krokopeplos : "au voile de safran") ait également un lien avec la nature terrestre, et soit tiré de la multitude de fleurs de safran au printemps; mais cela n'est pas sûr, car ±vw  krokÒpeplow  (eos krokopeplos) se lève aussi depuis l'océan en Il. XIX, 1 et  Il. XXIII, 227 :

ép' ÉVkeano›o =oãvn (ap' okeanoio rhoaon : "loin des courants de l'Océan")) et Ípe‹r ëla kidnatai (huper hala kidnatai : sur la mer elle s'étend") où l'on ne peut penser qu'à la couleur de l'océan et non pas à des fleurs.

Une étude approfondie montrerait qu'±vw (eos),  en de nombreux passages, ne signifie pas seulement le printemps, mais soit le printemps astronomique, c'est à dire l'équinoxe de printemps, soit le printemps naturel. Je dois laisser de coté les passages les plus proches, car ils empiètent trop sur l'essence de l'Odyssée ou sur les scènes se rapportant aux dieux dans l'Iliade.

3. deilh

{Résumé des propositions :  la traduction ci-dessous ne peut convenir : Apollon ne devait-il défendre les Troyens que jusqu'au soir h C'est peu probable. Il faut donc prendre deielow Ùc¢ dÊvn (deielos opse duon : "le soir -h- qui se couche tard") dans un sens  rapporté à l'année. Qu'est ce qui se couche tard h Le soleil ou un autre astre h C'est Vénus, pense Krichenbauer, dont le coucher héliaque a lieu tard dans l'année et qui de plus est suffisamment lumineuse pour "jeter des ombres",