Nouveautés
 
 

 

 

Rubrique Epos
Dominique Navarre
Des Femmes créées parfaites (Blodeuwedd, Tilottamâ...)
Genre : Essai de mythologie comparée.
Le Mabinogi, recueil de textes mythiques et de légendes royales du Pays de Galles, dans sa quatrième branche, raconte l'histoire de Math, un roi qui ne peut régner que s'il conserve ses pieds sur le sein d'une vierge. Tout est fait pour l'en déposséder. Sa soeur Aranrhod remplacera la vierge perdue quoiqu'elle mette au monde un enfant-poisson et un avorton, Lleu Llaw Gyffes, qu'elle se refuse à reconnaître comme son fils. Son oncle Gwydion rusera pour que cet enfant, maudit par sa mère, obtienne ses droits (nom, arme et épouse). Grâce à la magie, on lui fabrique une femme faite de fleurs,  Blodeuwedd, que Lleu Llaw Gyffes épouse. Mais Blodeuwedd tombe amoureuse d'un autre homme et cherche à faire mourir son époux : ce héros ne peut être tué que "dans un bain au bord d'une rivière sous un treillis de chaume quand il aura un pied sur un bouc et l'autre sur le bord de la cuve". Bloddeuwedd  lui propose de simuler la scène et en profite pour que son amant lui enfonce une lance dans le flanc. Lleu Llaw Gyffès s'envole "sous la forme d'un aihgle en poussant un cri horrible". Blodeuwedd s'enfuit, est transformée en chouette.
Ce récit gallois trouve son écho dans un récit du Mahâbhârata  (Livre I, 201- 204). Deux démons frères Sunda et Upasunda, invincibles, mettent à feu et à sang la terre. Les dieux se plaignent à Brahma qui conseille de fabriquer une femme parfaite avec tous les plus beaux objets du monde : ce sera Tillotamâ. Elle est enoyée auprès de deux démons qui, à sa vue, sont emplis de concupiscence et se jettent l'un sur l'autre pour la posséder. Ils s'entre-tuent. Consciente des ravages de sa beauté, Tilottamâ demande de parourir le ciel, cachée par les rayons du soleil.
La  comparaison rappelle que le héros gallois Lleu Llaw Gyffès est en fait le dieu Lug (dieu solaire, apollinien)  et montre que les épisodes autour de ces deux femmes créées suivent la même structure.
D'autres traitrises sont évoquées  (Nibelungen, Samson et Dalila, etc;) ; de même, un autre rapprochement gallo-indien entre la mort de Lleu et l'océan bu nécessitant la descente de Gangâ ; un dernièr exemple de  femme créée Ilmarinen est prise à l'épopée finnoise le Kalevala (chant XXXVII).


Dominique Navarre
Mahâbhârata et Chanson des Nibelungen
La Chanson des Nibelungen  et la Plainte- XIIIème s-  est une épopée germanique christianisée, mettant en scène le héros Siegfried, victime d'une trahison, cinq frères ou Nibelungen, leur soeur Kriemhild (épouse de Siegfried, puis d'Etzel,  roi des Huns). La mort de Siegfried est due à Hagen, un des cinq Nibelungen ;  Kriemhild, devenue veuve, accepte d'épouser le roi des Huns afin de préparer sa vengeance. Elle invite ses frères chez Etsel au solstice d'été et dans la salle du palais un terrible combat a lieu. Meurent les cinq Nibelungen, Kriemhild, tandis qu'Etzel se lamente curieusement plus de la mort des Nibelungen que de ses propres soldats. Trahison et vengeance dominent cette épopée mais  d'évidents échos d'une plus ancienne tradition mythique ( que les sagas nordiques ont conservé parfois) sont présents.
La comparaison avec l'épopée indienne - le Mahâbhârata - donne des similitudes importantes. Par exemple : a) aux cinq Nibelunen nés de deux pères différents, (l'un est un elfe ou le dieu Baldr), correspondent les cinq Pandava nés de dieux invoqués par leur mère ; b) le roi Nibelungen Gunther, soucieux de justice et constamment partagé, l'entreprenant Hagen, son frère, le héros Siegfried  ont respectivement pour répondants le juste mais hésitant Yudhisthira, le puissant Arjuna (cumulant les traits du fourbe Hagen et du valeureux Siegfried) ; c)  Kriemhild, leur soeur,  ressemble à Draupadî l'épouse commune des Pandava ; d) l'aide de Siegfried dans la conquête de la reine Brunhild,  pour qu'elle épouse Gunther, évoque la conquête de Draupadî par Arjuna comme la nuit de noces où Siegfried endosse sa cape d'invisiilité pour obliger Brunhild à dormir auprès de Gunther vaut pour l'épisode où Arjuna surprend son frère aîné auprès de Draupadî ; e)  deux ondines sur les bords du Rhin  indiquent le moyen de traverser à Hagen là où Arjuna, au cours d'un pélerinage, aborde un étang périlleux et  libère  cinq nymphes devenues crocodiles  ; f)  le combat dans la salle du palais d'Etzel  renvoie au champ de bataille du Kurukshetra car dans les deux cas les morts se comptent par milliers ; etc.
On retiendra de cette comparaison une nette  inversion et des dédoublements : là où les Pândava sont du bon côté, les Nibelungen sont du mauvais côté ; là où Arjuna est un héros, il apparait sous deux formes dans l'épopée germanique, le valeureux Siegfried et le vil Hagen ; là où il y a une épouse commune et fidèle quoiqu'outragée, à nouveau deux héroïnes lui répondent : Brunhild, la reine indomptable et une soeur commune et vindicative, Kriemhild.
L'analyse s'achève sur un arrière plan mythique  : des dieux  - comme dans le Mahâbhparata - agissent sous couvert des  hommes. L'épopée est une transcription de luttes divines et de crises eschatologiques. La fin d'un cycle temporel est sousjacente.
Essai programmatique : les perspectives sont ouvertes et fondées sur une solide connaissance des textes.



Rubrique Traduction
Pradip Bhattacarya (Secrétaire Général du Gouvernement du West Bengal. Membre de l'IAS. Docteur en médecine)
Le Mahâbhârata - Interlude incognito et la tempête se prépare

Genre : Recherche thématique. Trad. G. Schaufelberger. Toujours lié à la transcréation par le prof P. Lal du Mahâbhârata en vers libres et langue anglaise, cet article est l'occasion de relire les livres IV (Virâta parvan) et V  (Udyoga parvan ou Livre des préparatifs ) de cette épopée. Dans le Virâta parvan, les cinq héros se déguisent et ne doivent pas se faire reconnaître (s'ils l'étaient, il leur faudrait à nouveau passer douze ans dans la forêt en exil. Différentes péripéties se produisent dont le caractère cocasse (le guerrier Bhîma, par exemple, a choisi de devenir cuisinier ! Et son frère Arjuna de se faire passer pour eunuque!) a donné à penser que le registre de ce livre était le burlesque. L'auteur de l'article s'inscrit en faux contre cette tradition : l'effroi des combats à venir parcourt le texte et la razzia des vaches qui cloture ce livre préfigure d'évidents massacres. Seule l'absence de Krishna pose problème mais le livre V rétablit tous les acteurs du drame qui se prépare puisque Krishna y joue le rôle de messager d'une proposition de paix qui devient de plus en plus hypothétique.
 Usant de la version subtile qu'en donne P. Lal et qui s'éloigne parfois du texte lui-même, Pradip Bhattacarya multiplie les notations précises sur ces deux livres : ce sont comme autant de points d'interrogation, de perspectives de recherche, d'attentions à porter au texte dont la richesse semble inépuisable.
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Pradip Bhattacarya (Secrétaire Général du Gouvernement du West Bengal. Membre de l'IAS. Docteur en médecine)
Le Mahâbhârata -Bhishma parvan & Drona parva -   Un jeu gagnant-perdant : où des armées ignorantes se heurtent dans la nuit

Genre : Recherche thématique. Trad. G. Schaufelberger. Le poète et professeur P. Lal, poursuit depuis de nombreuses années sa "transcréation" du Mahâbhârata. Il vient de publier le Bhishma parvan et le Drona parvan (livres VI et VII ) qui narrent la mort de deux grands guerriers Kaurava. Bhishma est le grand oncle des héros, il a le pouvoir de choisir le moment de sa mort. Etendu sur un lit de flèches, il choisira en fait le solstice d'été pour rejoindre le ciel. Quant à Drona, il est le maître d'armes des héros Pandava et Kaurava et sa mort, suite à une traitrise, pose à nouveau le problème des codes d'honneur (dharma) en temps de guerre.
La transcréation du prof. P.  Lal donne l'occasion à Pradip Bhattacarya de relire ces deux livres et de multiplier les remarques sur certains aspects du récit. Remarques pointues qui lui permettent de montrer les nuances de la transcréation poétique du prof. P.  Lal (une langue anglaise légère, aux vers presque minimalistes). Il y a par exemple une liste des métaphores qui servent aux descriptions des batailles ( rivières de sang, le champ de bataille semblable à un ciel d'automne tacheté de nuages rouges, guerriers percés de flèches aux empennes d'or comme des arbres couverts de vers luisants, etc.)  pour lesquellles l'admiration de P. Lal pour la langue imagée de Shakespeare peut se manifester.
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Olivier Keller  (Agrégé de Mathématiques, docteur de l'EHESS)
Geometry of the sacrifice in the Sulbasutra of Vedic India
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Genre : Etude. Extrait du Chapitre VI ("La géométrie du sacrifice dans les sulbasutras de l'Inde védique") de l'ouvrage intitulé La figure et le monde.Une archéologie de la géométrie. Peuples paysans sans écriture et premières civilisations. Olivier Keller. Paris, Vuibert, 2006. Pages 139-168. Trad. en anglais :  G Schaufelberger et Helen Goethals.

Les Sulbasutras présentent un certain nombre de connaissances géométriques de l'Inde ancienne, que l'auteur entreprend de décrire et d'évaluer. O.Keller montre comment le rituel védique, par le biais de modes opératoires rigoureux pour la construction et l'agrandissement d'autels védiques, a créé un embryon de corpus géométrique savant. Corpus savant par ses solutions exactes aux problèmes posés,lesquels préfigurent certains aspects des Eléments d'Euclide d'Alexandrie ; telles sont les constructions "à la corde et aux piquets" (i.e. "à la règleet au compas"), les problèmes de quadratures (construction d'un carré égal en aire à une figure donnée), et le problème de la similitude (constructiond'une figure égale en aire à une figure donnée et de même forme qu'une autre). Mais embryon de corpus, puisqu'il s'agit seulement de construire des autels et non de fabriquer un système déductif à partir de définitions, d'axiomes et de postulats ; c'est ainsi que l'indispensable théorème de la diagonale du rectangle (notre "théorème de Pythagore") est clairement énoncé, mais sans preuve. 
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Pradip Bhattacarya (Secrétaire Général du Gouvernement du West Bengal. Membre de l'IAS. Docteur en médecine)
A-t-on voulu déshabiller Draupadî ?
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Genre : Recherche thématique. Trad. G. Schaufelberger.  Au livre II du Mahâbhârata, se situe une scène très célèbre : le héros Yudhisthira perd au jeu de dès tous ses biens,  et va même jusquà jouer ses frères, lui-même et leur épouse commune Draupadî. Cette infortunée, réduite au rang d'esclave,  est alors emmenée de force du gynécée dans la salle du palais, tirée par les cheveux, avec un seul  vêtement, alors qu'elle est indisposée (chapitre 61). On tente même de la déshabiller mais le dieu Krishna intervient et au fur et à mesure qu'on lui retire son vêtement, l'étoffe s'allonge et la protège.
Cette intervention divine, très populaire,  est sans aucun doute une interpolation. L'édition critique Poona la repousse : Krishna n'a pu intervenir, n'assistant pas à la partie de dès. Reste alors la tentative de déshabiller Draupadî. L'article montre avec précision que, nulle part, dans le cours du Mahâbhârata, on ne fait allusion à une telle tentative. C'est donc aussi une interpolation (les vers 40 -42 du chapitre 61) qui aurait dû, tout autant, éveiller la méfiance de l'édition critique. Interpolation dont le succès populaire est cependant évident.
On peut se demander, à titre supplémentaire, si le thème du déshabillage a des précédents (son origine est-elle folklorique, ou  issue d'un ancien mythe qui ne serait plus compris, ou due à un auteur génial resté anonyme ?)
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Rubrique Tractatus
Guy Vincent
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Genre : cours de licence pour étudiants de Droit. IL s'agit de littérature contemporaine à l'exclusion de la littérature française. On y présente quatre lieux conceptuels : "Vienne, capitale de la Mittel Europa", lieu de la modernité au XXème s. ; "Babels et minotaures" inclut une représentation labyrinthique du monde (Borgès, Eco, Nabokov, Elytis) ; "Les Maisons de Janus" insistent sur l'usage de la complexité relationnelle au sein des mythes (Joyce, Lovecraft, Kadaré) ; enfin "Les Chroniqueurs des sphères" (notion reprise à Sloterdijck) Woolf, Kerouac, garcia Marquèz sont abordés.

Guy Vincent
Récits de substitution dans l'épopée, formes de pensée et yoga
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Genre : conférence publique. Il s'agit d'une archéologie du yoga en prenant appui sur des textes du Mahâbhârata. Le yoga y est dit "fabriquer l'âtman" ! Dans trois récits épiques, au moins, on substitue au sacrifice humain ou de vaches des objets symboliques, ou au sacrifice d'animaux, on met en remplacement le don de soi, la prière et le jeûne ascétique. l'âtman est une image subsitutive pacifiée du monde, issue du travail de l'ascète pour purifier et pacifier le chaos du monde (souffles et désordres des pensées et des passions). Il est conclu alors : "le yogin remplace le monde par un artefact qui ne ressemble pas à ce qu'il remplace ; il anticipe donc un état du monde qui ressemblera à l'âtman. Une paix obtenue en soi qui pourrait être celle du monde."

Rubrique Traduction

Adolf Holtzmann
Le Bouddhisme et le Mahâbhârata/Traces du bouddhisme dans le Mahâbhârata actuel
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Genre : Herméneutique. Chapitre 12 et 13 d'une étude parue en 1892 "Das Mahabhârata und seine Theile, 4 vol, Kiel (I892-1895) ; réed. BiblioVerlag, Osnabrück, 1971 ; trad. G. Schaufelberger. L'auteur soutient que l'épopée écrite au temps de l'empereur Ashoka (IIème s. av J-C) faisait du mauvais Duryodhana un héros. C'est la "contre-réforme" brahmanique conduisant à chasser les bouddhistes de l'Inde qui a inversé les rôles : Yudhisthira, dévot de Vishnu,  est devenu le bon roi tandis que Duryodhana devenait lle mauvais roi. L'auteur cherche les traces de ce conflit religieux qui lui évoque le conflit entre catholiques et protestants : a) le bouddhisme s'est altéré au contact du shivaïsme plus dravidien - cf; les Mères, Skanda, Jâra dans le Mbh ; b)  le Mbh a été rédigé au IIème s. av J-C ce que prouverait la référence aux Yavana (Ioniens), à Bhagadatta (prince gréco-bactrien Apollodore), à Dattamitra (Démétrios) ; c) Duryodhana a pour conseiller Cârvâkâ, moine mendiant tué par des brâhmanes ; d) Duryodhana et ses 99 frères sont nés d'une boule de chair :  Ashoka a 99 frères et a pour oncle Candragupta né d'une boule de chair ; e) Asvatthâman, un allié de Duryodhana, possède une pierre précieuse sur le front, comme Bouddha possède une protubérance crânienne à cet endroit ; sa tuerie des partisans de Yuddhisthira est la vraie fin du Mbh; elle précède l'apothéose de Duryodhana ; f) d'autres historiettes ont des traces de bouddhisme : Mudgala aspirant au nirvana), Gautama (épousant une sûdra, vivant avec des voleurs, de quoi condamer  Bouddha dont Gautama est un autre nom), Arjunaka (un chasseur dont l'histoire se retrouve racontée à Ashoka), Jarâsandha (tué par Arjuna, Bhîma et Krishna déguisés en brâhmanes).  Tout cela indiique une présence reniée du bouddhisme dont on a voulu éradiquer jusqu'au nom même.
Notre avis : de façon récurrente, cette opinion d'un conflit entre brâhmanisme et bouddhisme revient chez les savants européens. L'avantage étant de pouvoir donner une date de rédaction au Mbh et de l'analyser avec des concepts européens (guerre de religions). Illusion historiciste ?

Adolf Holtzmann
Le Mahâbhârata et ses parties
 
- livre I - Histoire et critique du Mahâbhârata (1892)
Genre : Herméneutique. Etude parue en 1892 "Das Mahabhârata und seine Theile, 4 vol, Kiel (I892-1895) ; réed. BiblioVerlag, Osnabrück, 1971 ; trad. G. Schaufelberger. On trouvera un résumé des différents chapitres et  aux chapitres 12 ("Le bouddhisme et le Mahâbhârata") et 13 ("Traces du bouddhisme dans le Mahâbhârata") déjà publiés (voir ci-dessus) sont ici ajoutés les chapitres 14 ("L'ancien Mahâbhârata du poète"), 15 ("Le premier remaniement brahmanique"),  16  ("La deuxième rédaction puranique") . Cela donne une idée complète de la thèse d'Holztmann sur la composition du Mahâbhârata. Les étapes ont été pour lui les suivantes :
1) stade initial
2) Vyâsa - l'auteur présumé de l'épopée - sous les traits de Vidura, est un bouddhiste modéré, vivant à la cour d'Ashoka (IIIème s. av. J-C), et  qui  célèbre Duryodhana et les Kaurava
3) premier remaniement vishnouiste anti-bouddhiste, vers 300 ap. J-C: Arjuna (personnage créé en empruntant des traits à  Râma et Krishna) remplace Karna, les Kaurava deviennent les mauvais et les Pândava les bons ; un récit-cadre ou Ramenerzälhung est mis en place (le sacrifice des serpents)
4) deuxième remaniement  anti-shivaiste entre 500 et 1000 ap. J-C , puis réconcilliation progressive entre vishnouistes et shivaïstes
5) troisième remaniement puranique  entre 900 et 1100 ap. J-C : introduction des notions de réincarnation, de trimurti ; nombreuses parties didactiques ; progressive unification.
Les conflits religieux dominent l'explication d'A. Holtzmann. Pour repérer les remaniements, il note les inconséquences du texte qu'il comprend comme des indices omis ou qui ont échappé à la vigilance des remanieurs successifs.  Ses reproches  vont aux brahmanes qui ont, heureusement en partie, dénaturé l'épopée, l'ont transformée en un livre de Droit (dharmashâstra) et en une sorte d'"encyclopédie" aux "leçons épuisantes sous la forme d'entretiens interminables" (16-9).
Une des preuves avancées par l'auteur  (XVI, 3) de ces remaniements est d'observer à qui  le Mahâbhârata a été raconté  : d'abord à Janamejaya (il en existe deux : un très ancien fils de Kuru, l'autre, le dernier survivant des Pândava ; les deux ont été confondus mais Holtzmann en tire que l'épopée était adressée à l'origine au premier Janamejaya - stade de l'épopée célébrant les Kurus) ; puis à des brahmanes  - Ugrashravas, lui-même brahmane, en est le conteur -  vivant dans la forêt Naimisha (stade du troisième remaniement ou remaniement puranique, où les brahmanes introduisent des passages didactiques ); enfin aux guerriers par Vaishampâyana, conteur  plus vieux qu'Ugrashravas (premier remaniement brahmanique d'obédience vishnouiste). Il faut aussi noter la présence d'un quatrième conteur Samjaya qui narre la bataille au vieux roi des Kaurava, Dhritarashtra. Or un Samjaya a été converti par Bouddha dans le Magadha : preuve supplémentaire d'un stade antérieur bouddhiste. Ces différents conteurs sont pour Holtzmann autant de traces laissées des différents remaniements.

On posera ce bref jugement : théorie qui a vieilli (la structure de passages entiers du Mahâbhârata renvoie à des ensembles indo-européens hérités et conservés, qui livrent la composition de l'épopée à des époques antérieures aux conflits religieux intra-indiens) mais les remarques précises de l'auteur sont extrêmement précieuses (sa connaissance du Mahâbhârata est prodigieuse).


N. B. : utiliser les signets étoilées pour aller aux chapitres traduits.

Le Mahâbhârata et ses parties - livre II -
Les dix neuf livres du Mahâbhârata (1892)
Holtzmann donna un résumé des dix neuf livres du Mahâbhârata. Ne sont traduits ici que les en-têtes de chaque livre et deux passages (le livre de Virâta ou livre IV; le livre VII ou la mort de Jayadratha)

Le Mahâbhârata et ses parties - livre III -
"Le Mahâbhârata d'après les recensions de l'Inde du Nord"
Traduction des en-têtes des différents chapitres consacrés aux nombreuses versions de l'épopée : dition de Bombay, édition de Calcutta, l'oeuvre de jaimini, chrestomathies, le Mahâbhârata dravidien, etc.

Le Mahâbhârata et ses parties - livre IV-
"Le Mahâbhârata à l'Est et à l'Ouest"
Traduction in extenso du chapître 17 sur la réception du Mahâbhârata en Europe et à l'Ouest. L'auteur passe en revue tous les savants et traducteurs occidentaux qui ont consacré temps et travail à faire connaître ou à comprendre cette épopée. Mine d'informations diverses.

Rubrique Epos
Dominique Navarre

Epopée de Gilgamesh et Mahâbhârata (VII), Livre des femmes et mort d'Enkidu
Genre : Essai de mythologie comparée. a) Enkidu, l'ami de Gigamesh fait un rêve où il assiste au conseil des dieux statuant sur sa mort prochaine ; un second rêve confirme le premier. Gilgamesh tente de s'interposer en offrant une statue en or au dieu Shamash ; rien n'y fait, son ami meurt au grand désespoir de Gilgamesh. b) Mahâbhârata : le vieux roi Dhritarashtra a appris la mort de ses cent fils et la défaite de leur armée ; il part sur le champ de bataille avec les femmes et mères des guerriers ; son neveu, et vainqueur, Yudhisthira va à sa rencontre avec son frère Bhîma que le vieux roi veut serrer dans ses bras ; heureusement le diue Krishna a glissé à la place de Bhîma une statue de fer qu'écrase le roi. Gandharî, son épouse, maudit Krishna en lui montrant tos ces cadavres de héros ; on procède aux cérémonies funéraires.
La comparaison rapporche Enkidu et Dhritarashtra (deux hommes angoissés par des songes ou des récits : deux hommes n'acceptant pas le destin) ; une stauteu en or et une statue en fer jouent un rôle non négligeable pour éviter la mort représentée par le dieu Shamash et le dieu Krishna ; enfin les deux récits s'achèent par des lamentations et des rites funéraires.
Analyse qui ouvre des perspectives, ne serait-ce que pour étudier la personnalité de Krishna (le dieu sumérien Shamash peut il aider à faire comprendre ses positions, dont celle de pousser à la guerre).

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TRACTATUS
TRADUCTION
EPOS
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