Nouveautés
 
 

 

 

Rubrique Epos
Dominique Navarre
Elie et Agastya, un prophète et un ascète

Genre : Essai de mythologie comparée. Entre le prophète Elie (Bible, Livre des rois) et Agastya Mahâbhârata, III, 95 sq.), ascète devant donner à ses ancêtres une descendance, trois thèmes sont communs : sécheresse ou assèchement, sacrifice et mariage, séjour sur une montagne et sa stabilisation. La Bible désigne une sécheresse que prophétise Elie comme il remercie une veuve par un don nourricier ; le Mahâbhârata indique un ascète fabriquant une femme pour l'épouser et surtout en avoir des enfants, lequel ascète se doit de la combler de biens. Ensuite Elie masssacre les prêtres de Baal sur le mont Horeb, au cours d'une compétition pour faire venir la pluie pour le roi Achab tandis qu'Agastya ressuscite des brahmanes avalés par un démon qui les a avalés dans son ventre et assèche l'océan où se sont cachés des démons persécuteurs des brahmanes. Enfin, Elie se réfugie dans une grotte, la montagne est brisée par la puissance de Yahvé se révélant à son prophète ; tandis qu'en Inde le mont Vindya, jalioux de voir le Solieil tourner autour d'une autre montagne, décide de grandir jusqu'au ciel si bien qu'Agastya intervient et empêche sa croissance.
Comme il arrive souvent en mythologie comparée, les thèmes sont communs mais inversés. Ce rapprochement des plus curieux renvoie à ce lancinant problème des échanges entre aires culturelles sémitique et indo-européenne, ou bien d'un proto-récit commun, à moins que l'on adopte l'idée d'universaux mythiques. Il y a, grâce à cet essai, matière à amples rélfexions.

Isidore Levy
Le Chien des sept Dormants


Genre: article publié dans Annuaire de l'Institut de Philologie er d'Histoire orientales, tome II, 1934, p. 579-584. Pour faire écho à l'article ci-dessus d'I. Bandyopadhaya, et constater la différence d'approche dans l'érudition entre Orient et Europe. A Ephèse, sept jeunes chrétiens pour échapper aux persécutions de Décius (250 ap. J-C), s'enferment dans une grotte. Ils se réveillent sous Théodose II (408-450 apr. J-C). Cette légende constituée vers 530, présente aussi dans le Coran (sourate de la Caverne), très connue durant le Moyen-Age, est rapprochée de l'épisode final du Mahabharata où les cinq frères, leur épouse et un chien montent vers le ciel.

Rubrique Traduction

Pradip Bhattacarya
(Secrétaire Général du Gouvernement du West Bengal. Membre de l'IAS. Docteur en médecine)

Concupiscence et quête de l'immortalité
Genre : notes de lecture. Trad. G. Schaufelberger. Toujours lié à la transcréation par le prof P. Lal du Mahâbhârata en vers libres et langue anglaise, cet article est l'occasion de relire le Livre du Commencement ( ou livre I) dans sa partie consacrée à Yayâti (I-70-88) et le Livre V (Livre des préparatifs) : V -104 - 121). Yayati est ce roi des premiers temps qui demande à ses fils d'achanger sa vieillesse contre leur jeunesse ; seul Puru, le dernier né, accepte. Le père profite aini de mille ans de plaisirs, reprend sa vieillesse, fait une longue ascèse, monte au ciel, puis pour des propos pleins d'orgueil, en est chassé. Ce seront ses quatre petits-fils qui le sauveront. Entre les deux épisodes, il faut placer celui de Madhavi, leur mère offerte à différents rois en échange de chevaux de race. Ces récits qu'il ne faut pas analyser sur le plan de la morale sont des récits liés à la royauté : partage du royaume entre des fils, échange exogamique, etc.
Shakuntala
Genre : notes de lecture. Trad. G. Schaufelberger. Toujours lié à la transcréation par le prof P. Lal du Mahâbhârata en vers libres et langue anglaise, cet article est l'occasion de relire le Livre du Commencement ( ou livre I) dans sa partie 62-69 consacrée à cette héroïne célèbre, nommée ShakuntalaFille d'un ascète et d'une apsara, elle vit dans la forêt, renontre un chasseur qui la séduit, et lorsqu'elle demande au père, qui est un roi, de reconnaître l'enfant, elle essuie un refus cinglant. Par son discours, elle contraint ce roi indélicat à  l'épouser. L'enfant porte le nom de Bharata, fondateur de la lignée dont l'épopée conserve le nom (Mahâbhârata). La fin de ctte présentation porte sur un problème généalogique : Shakuntala est-elle la fille de l'ascète Vishvamitra (ce dernier est un kshatrya - ou guerrier - faisant des pénitences pour acquérir le statut de brahmane)  ? En effet certains textes font de Vishvamitra un homme ayant vécu bien parès Shakuntala !
Amrita - la pomme de discorde
Genre : notes de lecture. Trad. G. Schaufelberger. Toujours lié à la transcréation par le prof P. Lal du Mahâbhârata en vers libres et langue anglaise, cet article est l'occasion de relire le le Livre du Commencement ( ou livre I - 13-19) dans sa partie si connue du barattement de l'océan. Au cours de ce barattement, sortent de l'océan bien des tres et objets, mais l'auteur suggère d'y voir un vrai mythe de Création. Entre les dieux et les démons, une lutte pour la liqueur d'immortalité, mais aussi d'autres conflits sont en cours  avec des êtres difficiles à identifier : contre les Nishadas, peuple sans loi (Kuntî fera tout pour  remplacer leur dynastie par ses propres enfants) ou contre les Nagas ou serpents dont la place dans l'univers n'est pas évidente. Le mythe fabrique une pensée moins manichéenne qu'il n'y paraît.

Indrajit Bandyopadhyay
(Assist. Prof. in English
Collège Kalyani Mahavidyalaya
West Bengal)
Mahabharata Svargorohana : pourquoi Yudhisthira insiste-t-il pour amener le chien avec lui au ciel ?

Genre : Etude thématique. Trad. G. Schaufelberger. Au dernier livre du Mahabharata, le héros Yudhishthira gravit une montagne pour aller au ciel (svarga = ciel/ rohana = montée), fidèlement accompagné d'un chien. Indra, le roi des dieux l'accueille dna son ciel (paradis) s'il accepte d'abandonner ce chien. Yudhishthira refuse. C'est une dernière épreuve. En effet, ce chien est le dieu Dharma (la Loi cosmique, le Devoir qui régit le monde) déguisé.
L'auteur de cet article s'interroge sur le sens de cet épisode : il le rapproche de celui de la fin du livre III où Yudhishthira a déjà eu à répondre aux questions d'un yaksha (une sorte d'ogre), en fait  déjà le dieu Dharma déguisé, à des hymnes du Rig Veda où le chien est un animal célébré, surtout Sharama, la chienne du dieu Indra (sans omettre les deux chiens du dieu Yama). Il en conclut que demander l'entrée du chien dans le Ciel c'est revenir à la tradition (ou le dharma personnel l'emporte sur le dharma du ciel), c'est-à-dire affirmer que la finalité de la Création (celle de l'immortalité de l'âme - jiva) l'emporte sur la cause divine (le Créateur). L'attachement du héros au chien révèle que l'âme est plus liée au devoir que le dieu  lui-même. Deux morales, si l'on veut, s'affrontent.
Glossaire : svarga = ciel / dharma = loi, devoir / moksha = libération / kshatra = guerrier/ jiva = âme


Edward W. Hopkins
professeur au Bryn Mawr College
La situation sociale et militaire de la caste dirigeante dans l'Inde ancienne, telle qu'elle se présente dans l'épopée sanscrite 
A Le chariot
Genre : collecte de données touchant à l'exhaustivité. Etude publiée in Journal of American  Oriental Society 13 (1889) p 53-376. Trad. G. Schaufelberger. Les épopées sanscrites - le Ramâyâna et surtout le Mahâbhârata - narrent des exploits guerriers, des combats et tout un art de la guerre. Mais il est très difficile d'avoir une claire représentation, que ce soit du matériel même ou des usages que l'on en fait. Prenons le cas du char de guerre, l'arme par excellence de cette noblesse : comment était son attelage, le cocher a-til un siège identique à celui du guerrier ou ce dernier est-il toujours debout, combien de chevaux tirent ce char, y-a-t-il une enseigne ou un étendard, quelle tactique est généralement employée ? Hopkins passe en revue de très nombreux passages pour obtenir une ou plusieurs réponses. Il y a trois noms pour désigner l'enseigne, l'étendart, le drapeau ; la tactique principale est de faire le tour du char ennemi et de tuer son cocher, on embarque sur le char des carquois, des flèches par centaines. Chaque char a son bruit reconnaissable que son cocher produit ; les chevaux sont de couleur différente selon les chars et leurs maîtres ; un mât se dresse à l'arrière du char qui porte à son sommet une enseignesouvent décorée de pierres précieuse (l'abattre c'est le meilleur moyen de démoraliser l'ennemi et ses toupes).
Ce qui ressort visiblement c'est la surévalutaion du char dans le récit épique et l'incertitude où nous sommes  de bien des aspects de sa structure ou de son apparence. L'épopée nomme les choses sans les décrire vraiment, elle n'est guère "technique" ou bien s'adresse à un public qui n'a pas besoin de précisions parce que tout cela lui est connu. On se perd en conjectures dans certains cas.


Edward W. Hopkins
professeur au Bryn Mawr College
La situation sociale et militaire de la caste dirigeante dans l'Inde ancienne, telle qu'elle se présente dans l'épopée sanscrite 
B. La Cavalerie & C Les éléphants
La cavalerie n'est pas un groupe organisée dans l'épopée, elle accompagne un char de guerre, le protège, et le cheval n'est pas aiguillonné mais fouetté.
On connaît l'importance des éléphants à cause de la surprise des troupes d'Alexandre le Grand. L'épopée nous dit qu'ils accompagnent par groupe de dix, voire de cinquante, le char de guerre ; ils sont montés par des soldats de basse naissance armés de crocs et de couteaux pour saisir leurs victimes au-dessous d'eux et leur trancher la tête; comme les chevaux on leur donne des noms et ils pleurent au combat ; ils font un bruit terrible.


Edward W. Hopkins
professeur au Bryn Mawr College
La situation sociale et militaire de la caste dirigeante dans l'Inde ancienne, telle qu'elle se présente dans l'épopée sanscrite 
D. Les armes
Flèches, massues, épées, lances, marteaux, armes magiques constituent ce chapitre. Les flèches sont les plus utilisées et eurs nombreux noms n'aident guère à déterminer leur forme ni l'arc qui sert à les tirer. Tout au plus l'auteur est d'avis qu'elles n'étaient pas empoisonnés (condamnées par la morale mais...) ni enflammées. Quand on n'ena plus, on continue le combat avec la massue, puis l'épée ou la lance. une évolution se note entre l'épopée ancienne et ce que Hopkins appelle la "pseud-épopée" (comprendre des versions tardives de l'épopée). Tant que la flèche domine, on est dans les parties anciennes, quand l'épée prend le dessus, on est dans les parties plus récentes. Enfin l'auteur met un terme à ces discussions sur l'emploi d'éventuelles armes à feu. que seraient les armes divines. or elles sont incantées par une formule magique, et à aucun moment tirées par un engin. Les yantra ou engins sont aussi bien des cuirasses, des baguettes de tambour, des cibles que des catapultes,  etc. Cela ne peut faire penser à un canon. Quant à la poudre, si elle existait, elle ferait de la fumée : or jamais le texte n'en parle.



Albrecht Weber professeur de sanscrit Université de Berlin
Etudes indiennes
- II -  6 "Les informations grecques sur l'Homère indien avec des aphorismes sur les influences grecques et chrétiennes"  ;
II - 8 "Histoire de l'astronomie indienne" 
Genre : Etude thématique. Publiée in Zeitschrift für die Kunde des indischen Alterthums (1853). Trad. Schaufelberger.
Deux auteurs grecs - Elien et Dion Chrysostome - affirment qu'Homère a été connu des Indiens ; il s'agit en fait du Mahâbhârata dont l'histoire a paru aux voyageurs grecs (à juste titre) ressembler à celle de l'Iliade.
Pour A. Weber, cette connaissance (ou reconnaissance) provient des échanges entre Alexandrie et l'Inde au temps de César. De même, des indiens ont eu connaissance du christianisme, comme cela se voit à certaines légendes autour de Krishna ou de Shiva ; l'incarnation chrétienne se muant dans la série des avatars.
Le second article est une démonstration, à partir de textes astronomiques indiens, que l'astronomie grecque, sa division zodiacale, le nom des constellations, ont migré dans le monde indien ; les similitudes entre ces deux astronomies trouvent  ainsi son explication. Schlegel ne le pensait pas : en effet, il faut considérer quatre périodes (les deux premières védique et post-védique où l'astronomie est purement indienne, et une troisième où l'influence grecque se voit) ; une quatrième période est celle où les indiens influencent les arabes jusqu'à ce que leurs élèves les dépassent. Influences croisées complexes. L'étude porte alors sur un traité de Balabhadra "Hâyanaratna" (hâyana = année en arabe ; ratna = perle en sanscrit), datant de 1665 ; Balabhadra a vécu à Kânyakubja sous le shah Jehan ou Aurungzeb. Le manuscrit date de 1777. Après s'être demandé si l'on a le droit de parler sans souillure la langue des Yavana ( = ioniens, tout étranger), il passe en revue une série d'astronomes  et de traités, il décrit les signes du zodiaque, la force de chaque planète selon leur position, pour finir par les conjonctions planétaires (ou yoga ; il y en 16). on découvrira le sens de "ictisal" (grec de Ptolémée) pour désigner la poussée qu'exerce une planète rapide sur une lente. la dernière partie est d'ordre astrologique.

Rubrique Tractatus
Guy Vincent
Traduire le Mahâbhârata : une aventure

Genre : rétrospective sur une collaboration de plus de trente ans avec G. Schaufelberger. Il nous a été demandé par une chaîne de télévision sur internet (buddhachannel) de présenter notre travail de traduction; cette chaîne n'a pas, ensuite, donné suite mais le texte était composé et ous a permis de retrouver quelques étapes importantes de nos années de travail.

Ithaque en terres indiennes : résultantes épiques

Genre : article de mythologie comparée.  Ithaque pose un problème de localisation si l'on s'en tient à la traduction de l'île la plus au couchant (il faut poser Céphalonie comme telle). Un épisode du Mahâbhârata permet une solution : l'arrivée des  cinq Pândava dans le royaume des Matsya où ils  séjournent en leur treizième année s'apparente à celle d'Ulysse sur Ithaque (cf. les analyses de N. Allen) ; il s'ensuit que ce royaume et Ithaque sont des terres imaginaires situées au bout d'un chenal ou en un cul-de-sac, ni à l'est ni à l'ouest mais associant les contraires. Mais, comme un mont élevé - le Nérite - domine Ithaque, il faut considérer l'épisode suivant : avant d'arriver chez les Matsya, les héros indiens ont eu à séjourner dans l'Himalaya. La seconde partie de l'article reconsidère le rôle d'Eumée, porcher fidèle d'Ulysse et habitant du Nérite sous l'aspect du dieu indien Kubera, maître des richesses, vivant près d'un lac de montagne. L'attente de Télémaque revenant de Sparte vaut pour celle d'Arjuna revenant de la montagne Shvéta. La conclusion est alors la suivante : le poète indo-européen emploie des unités descriptives toutes faites (par exemple : une grotte- une source- une montagne- un arbre).dont il se sert en différents moments.









 

 

 
 

 

 

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TRACTATUS
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